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Jean TEISSIÉ, Diego DE BOURGUES & François BAUTIN
que des gains de productivité sont possibles chez d’autres grands producteurs :
la RSA est à 4500 t/h/an et la Chine à quelques centaines de tonnes seulement.
Ces gains de productivité permettent de réduire l’inflation de la masse salariale,
c’est-à-dire de maintenir celle-ci sensiblement constante en dollar courant ;
qu’il est possible de délocaliser la production vers des bassins plus productifs :
c’est ce qui se produit aux USA avec le déplacement des opérations des Appalaches vers les bassins de l’Ouest américain et du New South Wales vers le Queensland en Australie ;
enfin que de grands bassins charbonniers absents du marché international faute
d’une logistique appropriée peuvent se développer demain. Un exemple actuel est
fourni par la Chine dont les exportations sont en forte croissance (30 Mt vapeur
en 1998, 65 en 2001). L’ex-URSS, avec ses 96 milliards de tonnes de réserve,
pourrait devenir un producteur majeur même si ses bassins (Sibérie et Donetz)
sont éloignés de la mer.
9.10. SÉCURITÉ
L’industrie extractive du charbon souffre d’une mauvaise image à cause des explosions de grisou qui continuent à faire de nombreuses victimes, et de la silicose.
9.10.1. LE GRISOU
Le méthane constitue un mélange explosif avec l’air lorsque sa concentration est
comprise entre 6 et 16%. Lorsque la teneur en méthane du charbon est de l’ordre
de 5 nm
3 /t, ce qui est le cas de la plupart des mines, une bonne ventilation suffit
généralement à éliminer le risque d’explosion, d’autant que des grisoumètres à
lecture instantanée peuvent être portés par la surveillance et que des moyens de
prévention (matériel antigrisouteux, centrale de surveillance) peuvent être mis en
oeuvre. Par contre, il existe des mines grisouteuses dans lesquelles la teneur est
supérieure à 10 nm
3 /t (jusqu’à 90 nm
3 /t) et où le risque de dégagement spontané
est réel. Il s’agit de gisements soit profonds (bassin du Nord et du Pas-de-Calais),
soit recouverts par une formation géologique étanche qui a empêché les gaz de
s’évacuer (couches volcaniques au Transvaal). Des mesures spécifiques peuvent
être prises (dégazage préalable par sondages par exemple), mais malgré une surveillance accrue le risque d’explosion subsiste. En France, depuis la très meurtrière
(805 morts) explosion du siège de Courrières, en 1906, le bassin du Nord et du
Pas-de-Calais a connu plusieurs catastrophes, la dernière s’est produite en 1974.
Dans le monde, des explosions se produisent chaque année (une des dernières
est celle de Barakova en mars 2000, 12 morts, en Ukraine). Mais la forte charge
émotive de ces accidents, en raison du nombre important de victimes, ne doit pas
masquer le fait que l’exploitation du charbon, au moins dans les pays développés,
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