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Jean TEISSIÉ, Diego DE BOURGUES & François BAUTIN
Avec l’accroissement des besoins de l’industrie sidérurgique et le développement
du moteur à vapeur, le charbon a été le combustible quasi unique de la révolution
industrielle du XIX
e siècle. Depuis, le pétrole puis le nucléaire et le gaz sont venus
compléter l’arsenal énergétique disponible, et aujourd’hui le charbon ne représente
plus que 25% de l’approvisionnement en énergie primaire de la planète.
La production de charbon mondiale est de 3,5 milliards de tonnes auxquelles s’ajoutent 900 millions de tonnes de lignite. 50% du charbon produit sert à la production
d’électricité, 16% à la sidérurgie, 5% aux cimenteries et le solde, 29%, au chauffage et aux autres industries, dont la carbochimie.
Les réserves sont considérables, de l'ordre de 1000 milliards de tonnes, correspondant à 250 ans de consommation au rythme actuel, mais leur exploitation future
pourrait être fortement concurrencée par l’existence d’autres sources d'énergie
moins gourmandes en main d’œuvre et donc peut-être moins onéreuses à terme,
ainsi que par les limites imposées aux émissions de gaz à effet de serre.
Il reste que le charbon demeure irremplaçable pour certaines de ses applications,
pour la réduction du minerai de fer en haut-fourneaux ou la carbochimie par exemple. Le charbon reste le premier producteur d’électricité malgré le handicap constitué par une teneur en hydrogène de 4% inférieure à celle des produits pétroliers,
qui a pour conséquence une émission de CO 2 plus importante pour un même pouvoir calorifique. Des solutions existent, et sont progressivement mises en œuvre,
pour réduire de façon très significative les rejets polluants.
9.2. ORIGINE DU CHARBON
Le charbon provient de l'accumulation de matière végétale de nature variable : fougères arborescentes de la forêt houillère, spores, mangroves, algues, déposés
sur place (bassins autochtones) ou après transport (bassins allochtones). Ces bassins sont soit des zones marécageuses (tourbières actuelles), soit des lacs, soit
des zones deltaïques, qui se sont enfoncés régulièrement, permettant à la forêt
de continuer à prospérer sur de longues périodes.
Les sédiments ont été enfouis jusqu'à des profondeurs variant de quelques 100 m
pour les lignites à plusieurs kilomètres pour les anthracites. Durant cet enfouissement, le carbone organique s'est transformé en carbone minéral par action des
micro-organismes (carbonatation), l'eau a été expulsée en forte proportion et la
roche s’est indurée.
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