8 - L'ÉTAT DES RÉSERVES DES COMBUSTIBLES FOSSILES
197
Mais les essais de production dans la Gulf Coast dans les années 1980 ont montré
des difficultés importantes et il semble que l’intérêt pour ces ressources ait pratiquement disparu. On ne parle plus des aquifères en surpression, mais des hydrates
océaniques qui sont maintenant à la mode (pour combien de temps ?).
HYDRATES DE MÉTHANE OCÉANIQUES
Les hydrates de méthane océaniques seront bientôt classés dans les mirages,
comme l’ont été les nodules métalliques du fond des océans, ou comme l’or dissous dans les mers (la plus grosse mine d’or du monde !). Des ressources importantes, mais des réserves hypothétiques.
Les hydrates de méthane sont un mélange d’eau et de méthane et se présentent
sous forme de glace à pression atmosphérique, et à température inférieure à 0°C
(dans les sédiments du pergélisol (permafrost)), ou à température des sédiments
océaniques par plus de 500 m d’eau, sur une certaine épaisseur (augmentant avec
la profondeur de l’eau).
Un volume d’hydrate contient environ 160 fois le volume de méthane à pression
normale.
Ils sont très connus et étudiés car ils sont une nuisance extrême dans les oléoducs.
En effet, ils les bouchent quand ils se déposent et nécessitent d'être enlevés avec
un solvant (méthanol) ou des racleurs.
Certaines publications présentent le champ terrestre de Messoyakha, en Sibérie,
comme un champ de gaz ayant produit des hydrates en plus du gaz conventionnel,
mais le meilleur expert russe, G. GINSBURG, a publié en 1993 Challenging the presence of natural gas hydrate in Messoyakha pool.
Les hydrates océaniques sont présents dans de nombreuses carottes des puits
JOIDES-OPD, mais la plupart sous forme de cristaux dispersés. Sur les sites JOIDESODP (plus de 1000), seulement trois sites ont trouvé des hydrates massifs de plus
de 15 cm. Dans le dernier site du « leg 164 », au large des Etats-Unis (Blake Ridge)
[LAHERRÈRE, 2000], 15 cm d’hydrate ont été trouvés dans le trou 997A, mais cet
hydrate avait disparu au trou 997B, foré 20 m plus loin.
De nombreuses publications prétendent que les hydrates océaniques contiennent
un potentiel plus important que tous les combustibles fossiles réunis (NAKICENOVIC
et al., World Energy Council Tokyo 1995, avec 18 700 Gtep, soit 800 000 Tcf). Ces
estimations étaient basées sur des données erronées, déduites d’épaisseur et
de concentration en provenance de la sismique. Mais les récentes mesures des
forages ODP (Blake Ridge et Cascadia, au large des Etats-Unis) ont ramené les
concentrations des hydrates à moins de 5% de la porosité. De plus, ces auteurs
confondent réserves et ressources. Les champs de pétrole ne concentrent qu’environ 1% du pétrole généré par les roches mères. On ne peut comparer des accumulations dont on ne récupère qu’une certaine partie, avec des volumes de gaz dispersé [Laherrère, 2000].
197
Mais les essais de production dans la Gulf Coast dans les années 1980 ont montré
des difficultés importantes et il semble que l’intérêt pour ces ressources ait pratiquement disparu. On ne parle plus des aquifères en surpression, mais des hydrates
océaniques qui sont maintenant à la mode (pour combien de temps ?).
HYDRATES DE MÉTHANE OCÉANIQUES
Les hydrates de méthane océaniques seront bientôt classés dans les mirages,
comme l’ont été les nodules métalliques du fond des océans, ou comme l’or dissous dans les mers (la plus grosse mine d’or du monde !). Des ressources importantes, mais des réserves hypothétiques.
Les hydrates de méthane sont un mélange d’eau et de méthane et se présentent
sous forme de glace à pression atmosphérique, et à température inférieure à 0°C
(dans les sédiments du pergélisol (permafrost)), ou à température des sédiments
océaniques par plus de 500 m d’eau, sur une certaine épaisseur (augmentant avec
la profondeur de l’eau).
Un volume d’hydrate contient environ 160 fois le volume de méthane à pression
normale.
Ils sont très connus et étudiés car ils sont une nuisance extrême dans les oléoducs.
En effet, ils les bouchent quand ils se déposent et nécessitent d'être enlevés avec
un solvant (méthanol) ou des racleurs.
Certaines publications présentent le champ terrestre de Messoyakha, en Sibérie,
comme un champ de gaz ayant produit des hydrates en plus du gaz conventionnel,
mais le meilleur expert russe, G. GINSBURG, a publié en 1993 Challenging the presence of natural gas hydrate in Messoyakha pool.
Les hydrates océaniques sont présents dans de nombreuses carottes des puits
JOIDES-OPD, mais la plupart sous forme de cristaux dispersés. Sur les sites JOIDESODP (plus de 1000), seulement trois sites ont trouvé des hydrates massifs de plus
de 15 cm. Dans le dernier site du « leg 164 », au large des Etats-Unis (Blake Ridge)
[LAHERRÈRE, 2000], 15 cm d’hydrate ont été trouvés dans le trou 997A, mais cet
hydrate avait disparu au trou 997B, foré 20 m plus loin.
De nombreuses publications prétendent que les hydrates océaniques contiennent
un potentiel plus important que tous les combustibles fossiles réunis (NAKICENOVIC
et al., World Energy Council Tokyo 1995, avec 18 700 Gtep, soit 800 000 Tcf). Ces
estimations étaient basées sur des données erronées, déduites d’épaisseur et
de concentration en provenance de la sismique. Mais les récentes mesures des
forages ODP (Blake Ridge et Cascadia, au large des Etats-Unis) ont ramené les
concentrations des hydrates à moins de 5% de la porosité. De plus, ces auteurs
confondent réserves et ressources. Les champs de pétrole ne concentrent qu’environ 1% du pétrole généré par les roches mères. On ne peut comparer des accumulations dont on ne récupère qu’une certaine partie, avec des volumes de gaz dispersé [Laherrère, 2000].
