7 - QUEL AVENIR POUR LES COMBUSTIBLES FOSSILES ?
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pour assurer la conversion de la matière organique : cette température est beaucoup plus élevée que celles qui sont nécessaires pour générer du pétrole en situation géologique, puisque nous voulons réaliser, dans une durée de l'ordre de l'heure,
une transformation qui prend des millions d'années dans les bassins sédimentaires.
Les exploitations expérimentales menées dans la décennie 1970 sur les Green
River Shales d'âge Eocène au Colorado (USA) et la formation Irati d'âge Permien à
S. Mateus do Sul au Parana (Brésil) ont confirmé qu'il est effectivement possible de
produire ainsi une « huile de schiste », dont la composition comporte des oléfines
(absentes de la plupart des pétroles) et est plus riche en composés azotés que le
pétrole brut. Malgré des procédés de récupération utilisant la combustion du carbone résiduel (issu de la pyrolyse), le bilan énergétique est médiocre et la forte
consommation d'énergie fait que le coût technique de l'huile de schiste produite
augmente avec le coût de l'énergie sur le marché mondial. De plus, le volume considérable des cendre produites lors de la pyrolyse pose un difficile problème de gestion en matière d'environnement.
Une percée technologique a été recherchée par des tentatives de traitement in situ
de la roche, qui éviterait l'étape coûteuse en énergie et en personnel de l'exploitation par mine ou par carrière. On réalise alors de petits forages et une fracturation
artificielle pour les relier, permettant ainsi une circulation d'air ou d'oxygène et le
déplacement progressif d'un front de combustion. A l'approche de ce dernier, la
roche est pyrolysée et produit de l'huile en avant du front de combustion, qui brûle
le carbone résiduel. Ce schéma est certainement séduisant, mais les essais menés
ainsi ont permis de récupérer seulement 2% de la quantité théorique d'huile.
On conçoit donc bien que, même si les deux gisements mentionnés ci-dessus, aux
USA et au Brésil, correspondent à une quantité de matière organique brute considérable, on peut, au mieux, considérer celle-ci comme une ressource éventuelle et
lointaine, accessible seulement au prix d'une dissipation énorme d'énergie et de
lourds problèmes de pollution (fumées, cendres, détérioration de l'environnement).
7.7. LES RESSOURCES EFFECTIVEMENT MOBILISABLES
A la lumière de ces considérations et des hypothèses que l'on peut en faire sur les
chances de succès des recherches scientifiques et des avancées technologiques
évoquées plus haut, on peut tenter d'évaluer, même de façon très approximative,
la fraction de ces diverses ressources qui pourraient être mobilisables dans un délai
de quelques décennies (avant 2050).
En fait, la question vaut surtout pour le pétrole qui offre plusieurs ouvertures possibles :
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pour assurer la conversion de la matière organique : cette température est beaucoup plus élevée que celles qui sont nécessaires pour générer du pétrole en situation géologique, puisque nous voulons réaliser, dans une durée de l'ordre de l'heure,
une transformation qui prend des millions d'années dans les bassins sédimentaires.
Les exploitations expérimentales menées dans la décennie 1970 sur les Green
River Shales d'âge Eocène au Colorado (USA) et la formation Irati d'âge Permien à
S. Mateus do Sul au Parana (Brésil) ont confirmé qu'il est effectivement possible de
produire ainsi une « huile de schiste », dont la composition comporte des oléfines
(absentes de la plupart des pétroles) et est plus riche en composés azotés que le
pétrole brut. Malgré des procédés de récupération utilisant la combustion du carbone résiduel (issu de la pyrolyse), le bilan énergétique est médiocre et la forte
consommation d'énergie fait que le coût technique de l'huile de schiste produite
augmente avec le coût de l'énergie sur le marché mondial. De plus, le volume considérable des cendre produites lors de la pyrolyse pose un difficile problème de gestion en matière d'environnement.
Une percée technologique a été recherchée par des tentatives de traitement in situ
de la roche, qui éviterait l'étape coûteuse en énergie et en personnel de l'exploitation par mine ou par carrière. On réalise alors de petits forages et une fracturation
artificielle pour les relier, permettant ainsi une circulation d'air ou d'oxygène et le
déplacement progressif d'un front de combustion. A l'approche de ce dernier, la
roche est pyrolysée et produit de l'huile en avant du front de combustion, qui brûle
le carbone résiduel. Ce schéma est certainement séduisant, mais les essais menés
ainsi ont permis de récupérer seulement 2% de la quantité théorique d'huile.
On conçoit donc bien que, même si les deux gisements mentionnés ci-dessus, aux
USA et au Brésil, correspondent à une quantité de matière organique brute considérable, on peut, au mieux, considérer celle-ci comme une ressource éventuelle et
lointaine, accessible seulement au prix d'une dissipation énorme d'énergie et de
lourds problèmes de pollution (fumées, cendres, détérioration de l'environnement).
7.7. LES RESSOURCES EFFECTIVEMENT MOBILISABLES
A la lumière de ces considérations et des hypothèses que l'on peut en faire sur les
chances de succès des recherches scientifiques et des avancées technologiques
évoquées plus haut, on peut tenter d'évaluer, même de façon très approximative,
la fraction de ces diverses ressources qui pourraient être mobilisables dans un délai
de quelques décennies (avant 2050).
En fait, la question vaut surtout pour le pétrole qui offre plusieurs ouvertures possibles :
