7 - QUEL AVENIR POUR LES COMBUSTIBLES FOSSILES ?
163
7.6. LA MOBILISATION DES RESSOURCES NON-CONVENTIONNELLES
DE PÉTROLE
Les gisements d'hydrocarbures en mer profonde ayant, de facto, rejoint le cas des
gisements classiques, il reste sous cette appellation trois ressources de natures très
différentes et dont la probabilité d'exploitation est également très différente :
les sables (ou calcaires) asphaltiques ou bitumineux contenant des huiles ultralourdes, solides ou hautement visqueuses dans les conditions normales de température ;
les hydrates naturels de méthane ;
les « schistes bitumineux ».
Les sables et calcaires « asphaltiques » ou « bitumineux » sont des réservoirs pétroliers contenant un pétrole de densité voisine de 1 et de très haute viscosité [8]. Lorsqu'ils sont situés en surface ou à son voisinage immédiat, comme en Athabasca
(Alberta - Canada), ils constituent une roche solide dont les grains, de sable par
exemple, sont cimentés par du bitume. Les recherches géochimiques ont montré
que nous sommes en présence d'un gisement d'hydrocarbures, générés normalement à partir de la matière organique des roches mères et venus s'accumuler
dans un réservoir sableux qui était alors en profondeur. L'évolution structurale du
bassin et l'érosion de plusieurs centaines de mètres de sédiments ont ensuite
ramené ces roches en surface ou à son voisinage, ce qui a permis l'entrée des eaux
douces superficielles, l'évaporation ou le lessivage des composés les plus légers
et la dégradation du mélange restant par des bactéries pour ne laisser subsister que
les composés les plus lourds, particulièrement les asphaltènes, sorte de macromolécule de poids moléculaire 5000 à 10 000, comportant du soufre, de l'azote, de
l'oxygène, et même des métaux (vanadium, nickel).
Les ressources en place inventoriées au Canada (Athabasca) et au Venezuela
(Orénoque) sont d'environ 350 Gt pour le premier et 200 Gt pour le second de ces
pays, soit une ressource potentielle de 550 Gt. Dans d'autres pays, la présence de
ce type de dépôt a été rapportée, mais il est peu probable qu'ils atteignent des
quantités comparables.
Le problème central est de savoir quelle fraction de ces ressources, bien supérieures aux réserves de pétrole prouvées ou restant à découvrir, pourra être réellement mobilisée. L'obstacle principal est la très haute viscosité du bitume, dont on
sait depuis longtemps qu'elle décroît fortement avec l'élévation de la température.
Dans l'état actuel de la science et de la technique, on exploite surtout les parties
profondes (1000 m), où une température supérieure de 25 à 30°C à celle de la surface diminue la viscosité et permet une exploitation par puits, et les parties affleurantes, où l'extraction de la roche en carrière et son traitement à la vapeur dans
des installations de surface diminuent la viscosité et permettent ainsi de séparer le
163
7.6. LA MOBILISATION DES RESSOURCES NON-CONVENTIONNELLES
DE PÉTROLE
Les gisements d'hydrocarbures en mer profonde ayant, de facto, rejoint le cas des
gisements classiques, il reste sous cette appellation trois ressources de natures très
différentes et dont la probabilité d'exploitation est également très différente :
les sables (ou calcaires) asphaltiques ou bitumineux contenant des huiles ultralourdes, solides ou hautement visqueuses dans les conditions normales de température ;
les hydrates naturels de méthane ;
les « schistes bitumineux ».
Les sables et calcaires « asphaltiques » ou « bitumineux » sont des réservoirs pétroliers contenant un pétrole de densité voisine de 1 et de très haute viscosité [8]. Lorsqu'ils sont situés en surface ou à son voisinage immédiat, comme en Athabasca
(Alberta - Canada), ils constituent une roche solide dont les grains, de sable par
exemple, sont cimentés par du bitume. Les recherches géochimiques ont montré
que nous sommes en présence d'un gisement d'hydrocarbures, générés normalement à partir de la matière organique des roches mères et venus s'accumuler
dans un réservoir sableux qui était alors en profondeur. L'évolution structurale du
bassin et l'érosion de plusieurs centaines de mètres de sédiments ont ensuite
ramené ces roches en surface ou à son voisinage, ce qui a permis l'entrée des eaux
douces superficielles, l'évaporation ou le lessivage des composés les plus légers
et la dégradation du mélange restant par des bactéries pour ne laisser subsister que
les composés les plus lourds, particulièrement les asphaltènes, sorte de macromolécule de poids moléculaire 5000 à 10 000, comportant du soufre, de l'azote, de
l'oxygène, et même des métaux (vanadium, nickel).
Les ressources en place inventoriées au Canada (Athabasca) et au Venezuela
(Orénoque) sont d'environ 350 Gt pour le premier et 200 Gt pour le second de ces
pays, soit une ressource potentielle de 550 Gt. Dans d'autres pays, la présence de
ce type de dépôt a été rapportée, mais il est peu probable qu'ils atteignent des
quantités comparables.
Le problème central est de savoir quelle fraction de ces ressources, bien supérieures aux réserves de pétrole prouvées ou restant à découvrir, pourra être réellement mobilisée. L'obstacle principal est la très haute viscosité du bitume, dont on
sait depuis longtemps qu'elle décroît fortement avec l'élévation de la température.
Dans l'état actuel de la science et de la technique, on exploite surtout les parties
profondes (1000 m), où une température supérieure de 25 à 30°C à celle de la surface diminue la viscosité et permet une exploitation par puits, et les parties affleurantes, où l'extraction de la roche en carrière et son traitement à la vapeur dans
des installations de surface diminuent la viscosité et permettent ainsi de séparer le
