lutter contre les bactéries. Il y a une vingtaine d'années, les docteurs Maurice Girault et Paul
Belaiche ont mis au point l'aromatogramme, méthode comparable à l'antibiogramme, qui
permet de déceler quelles sont les huiles essentielles les plus efficaces sur un germe donné.
Cette période faste de la phytothérapie a été interrompue en France par un décret de 1991
supprimant les remboursements de toutes les préparations magistrales, c'est-à-dire des
médicaments préparés par le pharmacien selon une prescription établie par un médecin
pour traiter le cas particulier de son malade. Ce fut un coup dur porté à la phytothérapie !
Une décision similaire a été adoptée en 1997 en Belgique. Les phytothérapeutes
ont constaté, depuis, une baisse importante de la fréquentation de leur cabinet.
De plus, le nombre des candidats à l'étude de la phytothérapie diminue, le montant
des investissements consacrés à la recherche décline et les tests cliniques se raréfient.
Le recours à la phytothérapie n'a pas disparu pour autant. Il a changé de forme :
l'automédication remplace, pour une large part, la prescription.
L'Encyclopédie des plantes médicinales d'Andrew Chevalier donne de nombreux conseils pour
se soigner soi-même, tout en mettant en garde sur les éventuels dangers de cette pratique.
Cette encyclopédie présente l'ensemble des plantes européennes, ainsi que de nombreuses
plantes utilisées en Amérique, en Extrême-Orient (notamment en Chine) et en Australie.
Mais elle ne se contente pas de dresser un inventaire de très nombreuses espèces. Grâce à
ses superbes illustrations, elle est un guide d'identification des plantes médicinales et un
manuel permettant leur utilisation à bon escient et la confection de diverses préparations
médicinales.
L'ouvrage souligne aussi la toxicité éventuelle et les contre-indications de nombreuses
plantes. Il faut, en effet, réfuter l'idée que les plantes sont inoffensives. L'aconit napel,
par exemple, contient de l'aconitine, qui est un poison très violent. Des parachutistes
en exercice, menant une opération de survie, sont morts après avoir absorbé des racines
d'aconit napel pour se nourrir. De la même façon, les baies de belladone, qui contiennent
de l'atropine, sont mortelles. Quant aux feuilles de digitale pourprée, elles renferment
des hétérosides cardiotoniques qui, à doses élevées,, laissent peu de chances à celui qui
les absorbe de s'en sortir vivant.
Mais que l'on se rassure ! Les législations européennes protègent les utilisateurs, et les plantes
toxiques ne sont délivrées que sur prescription. Toutefois, il faut se méfier des plantes que
l'on cueille soi-même. Il faut également considérer avec précaution ces plantes affublées
de vertus extraordinaires, achetées à l'étranger dans des boutiques qui
ne sont soumises à aucune réglementation. En Chine, parmi les
5 000 plantes utilisées à des fins médicinales, certaines ne font
pas l'objet de contrôles rigoureux avant leur mise en vente.
Je souhaite que cet ouvrage, à la fois porteur de traditions
anciennes et ouvert sur des recherches contemporaines,
contribue à une utilisation rationnelle et bienfaisante
des plantes médicinales.
Paul Iserin
Responsable du département de
phytothérapie à la faculté de médecine de Bobigny
Belaiche ont mis au point l'aromatogramme, méthode comparable à l'antibiogramme, qui
permet de déceler quelles sont les huiles essentielles les plus efficaces sur un germe donné.
Cette période faste de la phytothérapie a été interrompue en France par un décret de 1991
supprimant les remboursements de toutes les préparations magistrales, c'est-à-dire des
médicaments préparés par le pharmacien selon une prescription établie par un médecin
pour traiter le cas particulier de son malade. Ce fut un coup dur porté à la phytothérapie !
Une décision similaire a été adoptée en 1997 en Belgique. Les phytothérapeutes
ont constaté, depuis, une baisse importante de la fréquentation de leur cabinet.
De plus, le nombre des candidats à l'étude de la phytothérapie diminue, le montant
des investissements consacrés à la recherche décline et les tests cliniques se raréfient.
Le recours à la phytothérapie n'a pas disparu pour autant. Il a changé de forme :
l'automédication remplace, pour une large part, la prescription.
L'Encyclopédie des plantes médicinales d'Andrew Chevalier donne de nombreux conseils pour
se soigner soi-même, tout en mettant en garde sur les éventuels dangers de cette pratique.
Cette encyclopédie présente l'ensemble des plantes européennes, ainsi que de nombreuses
plantes utilisées en Amérique, en Extrême-Orient (notamment en Chine) et en Australie.
Mais elle ne se contente pas de dresser un inventaire de très nombreuses espèces. Grâce à
ses superbes illustrations, elle est un guide d'identification des plantes médicinales et un
manuel permettant leur utilisation à bon escient et la confection de diverses préparations
médicinales.
L'ouvrage souligne aussi la toxicité éventuelle et les contre-indications de nombreuses
plantes. Il faut, en effet, réfuter l'idée que les plantes sont inoffensives. L'aconit napel,
par exemple, contient de l'aconitine, qui est un poison très violent. Des parachutistes
en exercice, menant une opération de survie, sont morts après avoir absorbé des racines
d'aconit napel pour se nourrir. De la même façon, les baies de belladone, qui contiennent
de l'atropine, sont mortelles. Quant aux feuilles de digitale pourprée, elles renferment
des hétérosides cardiotoniques qui, à doses élevées,, laissent peu de chances à celui qui
les absorbe de s'en sortir vivant.
Mais que l'on se rassure ! Les législations européennes protègent les utilisateurs, et les plantes
toxiques ne sont délivrées que sur prescription. Toutefois, il faut se méfier des plantes que
l'on cueille soi-même. Il faut également considérer avec précaution ces plantes affublées
de vertus extraordinaires, achetées à l'étranger dans des boutiques qui
ne sont soumises à aucune réglementation. En Chine, parmi les
5 000 plantes utilisées à des fins médicinales, certaines ne font
pas l'objet de contrôles rigoureux avant leur mise en vente.
Je souhaite que cet ouvrage, à la fois porteur de traditions
anciennes et ouvert sur des recherches contemporaines,
contribue à une utilisation rationnelle et bienfaisante
des plantes médicinales.
Paul Iserin
Responsable du département de
phytothérapie à la faculté de médecine de Bobigny
