LE DEVELOPPEMENT DE LA PHYTOTHERAPIE
expérience : ce fut le cas des Anglais John Gérard et Nicholas
Culpeper qui ont publié des herbiers respectivement en 1597 et 1652.
L'ouvrage de John Gérard intitulé l'Herbier est à l'évidence
un travail d'horticulteur plus que celui d'un herboriste ; il n'en
constitue pas moins une mine d'informations et recense les dernières
espèces rapportées en Europe par des explorateurs et des marchands.
Nourri par une riche expérience personnelle et mêlant des
considérations astrologiques aux principes médicaux traditionnels,
Le médecin anglais de Culpeper fut, dès sa publication, considéré
comme un guide de référence pratique. Chaque plante s'y voit
attribuer une « température », un usage dans le système humoral,
une planète maîtresse et un signe zodiacal. A l'instar du De materia
medica de Dioscoride, l'ouvrage a le mérite de se fonder sur une
observation directe et sur une vaste expérience en herboristerie.
. Romann frais
PLANTES ÉTRANGÈRES ET MEDICAMENTS DE SYNTHÈSE
L'usage croissant de plantes étrangères au cours du XVII
e siècle suscita
de vifs débats concernant la valeur relative de la flore médicinale
européenne; toutefois, ceux-ci ne concernaient pas la majorité de la
population qui n'avait pas les moyens financiers suffisants pour se
procurer des plantes importées. A la longue, ces discussions finirent
par créer un clivage dans la pratique médicale traditionnelle. Pauvres
et ruraux utilisaient la flore locale, tandis que riches bourgeois et
nobles achetaient les plantes d'origine étrangère prescrites par des
médecins formés à l'université. Au début du xvill' siècle, environ
70 % des plantes médicinales disponibles chez les apothicaires étaient
importées. Avec le temps, cette herboristerie «urbaine» évolua vers
une médecine scientifique qui, à son tour, renia ses origines et délaissa
la médecine par les plantes médicinales, la jugeant inférieure.
Fleurs de guimauve
La médecine conventionnelle ayant établi son monopole
à la fin du XIX
e siècle, il devint illégal de soigner par les plantes
san.i autorisation médicale. Les médecins, nantis de leur diplôme
universitaire, supportent mal que les herboristes puissent consulter.
En France, le diplôme d'herboriste créé en 1910 à été supprimé
en 1941, ce qui empêche la profession de se perpétuer. En Grèce,
les herboristes traditionnels furent pourchassés et le mot lui-même
devint une insulte. Manifeste depuis un quart de siècle, le renouveau
de la médecine traditionnelle
permet d'espérer un arrêt de
cette censure officielle.
Sauge
^Salvia
officmalis,
^ p. 131).
Considérée comme
une panacée au
Moyen Age
1
LES PRATICIENS MODERNES
Le paysage actuel de la
phytothérapie est très varié en
Europe. Pourtant les différentes
traditions et pratiques ont un point
commun. La plupart des herboristes
utilisent des méthodes orthodoxes
de diagnostic, lorsqu'ils recherchent
par exemple des signes d'infection
et d'inflammation. Toutefois,
, , i
,
.,
Dans l Europe médiévale, les guérisseurs
la plupart d entre eux tentent
^^ ^^ ^ ^^ ^^
de resituer la maladie dans le
physique au moyen de saignées, de purges
contexte général de la vie du
et de préparations vomitives.
~ Mûrier (Rubus
fruticosus, p 263)
Dépuratif et
diurétique
Recommandé par les
allopathes.
Guimauve
(Althaea
I;
officmalis,
•r- p 165) Calme
f^ les inflammations
gastriques et
«.
intestinales
^ Pline l'Ancien la
considérait comme
une panacée.
Chardon-Marie
(Carduus mananus,
p. 75). Possède des
propriétés
hépatoprotectnces.
Capsules
—— de chardon-mane
Sureau noir
(Sambucus niera,
(Sambucus nigra,
p 132) Anttinfîamnîaîoire.
Soulage les rhumes
des foins.
expérience : ce fut le cas des Anglais John Gérard et Nicholas
Culpeper qui ont publié des herbiers respectivement en 1597 et 1652.
L'ouvrage de John Gérard intitulé l'Herbier est à l'évidence
un travail d'horticulteur plus que celui d'un herboriste ; il n'en
constitue pas moins une mine d'informations et recense les dernières
espèces rapportées en Europe par des explorateurs et des marchands.
Nourri par une riche expérience personnelle et mêlant des
considérations astrologiques aux principes médicaux traditionnels,
Le médecin anglais de Culpeper fut, dès sa publication, considéré
comme un guide de référence pratique. Chaque plante s'y voit
attribuer une « température », un usage dans le système humoral,
une planète maîtresse et un signe zodiacal. A l'instar du De materia
medica de Dioscoride, l'ouvrage a le mérite de se fonder sur une
observation directe et sur une vaste expérience en herboristerie.
. Romann frais
PLANTES ÉTRANGÈRES ET MEDICAMENTS DE SYNTHÈSE
L'usage croissant de plantes étrangères au cours du XVII
e siècle suscita
de vifs débats concernant la valeur relative de la flore médicinale
européenne; toutefois, ceux-ci ne concernaient pas la majorité de la
population qui n'avait pas les moyens financiers suffisants pour se
procurer des plantes importées. A la longue, ces discussions finirent
par créer un clivage dans la pratique médicale traditionnelle. Pauvres
et ruraux utilisaient la flore locale, tandis que riches bourgeois et
nobles achetaient les plantes d'origine étrangère prescrites par des
médecins formés à l'université. Au début du xvill' siècle, environ
70 % des plantes médicinales disponibles chez les apothicaires étaient
importées. Avec le temps, cette herboristerie «urbaine» évolua vers
une médecine scientifique qui, à son tour, renia ses origines et délaissa
la médecine par les plantes médicinales, la jugeant inférieure.
Fleurs de guimauve
La médecine conventionnelle ayant établi son monopole
à la fin du XIX
e siècle, il devint illégal de soigner par les plantes
san.i autorisation médicale. Les médecins, nantis de leur diplôme
universitaire, supportent mal que les herboristes puissent consulter.
En France, le diplôme d'herboriste créé en 1910 à été supprimé
en 1941, ce qui empêche la profession de se perpétuer. En Grèce,
les herboristes traditionnels furent pourchassés et le mot lui-même
devint une insulte. Manifeste depuis un quart de siècle, le renouveau
de la médecine traditionnelle
permet d'espérer un arrêt de
cette censure officielle.
Sauge
^Salvia
officmalis,
^ p. 131).
Considérée comme
une panacée au
Moyen Age
1
LES PRATICIENS MODERNES
Le paysage actuel de la
phytothérapie est très varié en
Europe. Pourtant les différentes
traditions et pratiques ont un point
commun. La plupart des herboristes
utilisent des méthodes orthodoxes
de diagnostic, lorsqu'ils recherchent
par exemple des signes d'infection
et d'inflammation. Toutefois,
, , i
,
.,
Dans l Europe médiévale, les guérisseurs
la plupart d entre eux tentent
^^ ^^ ^ ^^ ^^
de resituer la maladie dans le
physique au moyen de saignées, de purges
contexte général de la vie du
et de préparations vomitives.
~ Mûrier (Rubus
fruticosus, p 263)
Dépuratif et
diurétique
Recommandé par les
allopathes.
Guimauve
(Althaea
I;
officmalis,
•r- p 165) Calme
f^ les inflammations
gastriques et
«.
intestinales
^ Pline l'Ancien la
considérait comme
une panacée.
Chardon-Marie
(Carduus mananus,
p. 75). Possède des
propriétés
hépatoprotectnces.
Capsules
—— de chardon-mane
Sureau noir
(Sambucus niera,
(Sambucus nigra,
p 132) Anttinfîamnîaîoire.
Soulage les rhumes
des foins.
