9.1 Les moteurs de recherche
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mots pr´ ecipitation neige montr´ eal si` ecle. (Seul le dernier mot semble un peu ´ etrange.
Mais l’utilisateur choisit d’ajouter ce mot afin d’obtenir des statistiques sur une plus
longue p´ eriode.) Le moteur r´ epond `
a l’aide d’une premi` ere page de suggestions (voir la
figure 9.1). La barre horizontale sup´ erieure indique que la recherche s’est faite en un peu
moins d’un dixi` eme de seconde et que Google a trouv´ e 323 pages qui pourraient ˆ etre
pertinentes. La premi` ere provient du Service des travaux publics et de l’environnement
de la Ville de Montr´ eal, et on y trouve des statistiques de base sur les pr´ ecipitations
de neige `
a Montr´ eal. (Le record depuis que des statistiques sont enregistr´ ees peut y
ˆ etre lu : 353,3 cm durant l’hiver 1946-1947. Mais, r´ ejouissez-vous, on y apprend que la
moyenne des dix derni` eres ann´ ees n’est que de 206,7 cm.) La premi` ere suggestion de
Google a donc bien des chances de r´ epondre `
a la question de l’utilisateur. Qu’en est-il
des autres suggestions ? La derni` ere, c’est-` a-dire la 323
e , m` ene au t´ el´ echargement de
notes de cours con¸ cues par l’Acad´ emie canadienne de la D´ efense et intitul´ ees Qualification interm´ ediaire en leadership. Ce texte est bien loin des int´ erˆ ets de l’utilisateur, car
il ne parle pas du tout des pr´ ecipitations sur Montr´ eal. Mais ce cours de quelque 240
pages contient effectivement les mots neige, montr´ eal et si` ecle.
Cette anecdote enseigne un ´ el´ ement important
2 : Google parvient ` a ordonner les
pages qu’il propose en mettant en premier celles qui sont les plus susceptibles de
r´ epondre aux d´ esirs de l’utilisateur. La recherche serait fort fastidieuse si il devait regarder les quelque 300 pages pour y trouver ce qu’il cherche. Les mots propos´ es par
l’utilisateur auront ´ evidemment un impact sur les pages que Google trouvera. Mais
comment un ordinateur peut-il deviner les d´ esirs ou l’ordre de pr´ ef´ erence des utilisateurs ?
Les outils de recherche automatis´ ee datent d´ ej` a de quelques d´ ecennies. On pensera
aux catalogues de biblioth` eques, aux registres gouvernementaux (des naissances, mariages, d´ ec` es, du fisc, de l’assurance maladie. . . ) ou encore aux bases de donn´ ees professionnelles (de la jurisprudence pour les professions juridiques, des maladies, m´ edicaments
et proc´ edures m´ edicales pour les professions de la sant´ e. . . ). Ces sources d’information
ont quelques points en commun. Tout d’abord, l’information qui y est rassembl´ ee est
bien circonscrite. Tous les livres d’une biblioth` eque ont un titre, un ou des auteurs,
une maison d’´ edition, une date de parution, etc. L’uniformit´ e des informations `
a organiser est donc utile, tant pour la classification que pour la recherche. La qualit´ e de
la pr´ esentation est aussi une caract´ eristique commune. Habituellement, les fiches signal´ etiques des livres sont cr´ e´ ees par des professionnels, les biblioth´ ecaires, et le taux
d’erreur est tr` es faible. Et si une erreur est d´ etect´ ee, elle peut ˆ etre ais´ ement corrig´ ee.
L’uniformit´ e des utilisateurs et de leurs besoins est aussi un avantage. Le but des catalogues de biblioth` eques est avant tout le rep´ erage des documents disponibles. Bien que
2 Cet exemple nous enseigne autre chose. Si le lecteur refait aujourd’hui la recherche ` a
partir des quatre mˆ emes mots, le r´ esultat sera fort probablement diff´ erent. La premi` ere page
reproduite ` a la figure 9.1 n’existe plus au moment d’´ ecrire ces lignes, et le nombre de pages
trouv´ ees sera sans doute plus grand. Il faut donc conclure que la Toile est un univers changeant
constamment.
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