Michel Huguier et Pierre-Yves Boëlle, Biostatistiques pour le clinicien
ISBN : 978-2-8178-0463-7, © Springer-Verlag Paris 2013
Introduction
La connaissance d’un pronostic permet de prédire la probabilité
d’une évolution chez un malade, par exemple 75 % de chances de survie à cinq ans après une intervention chirurgicale pour un cancer. Cette
notion est probabiliste : chez un malade déterminé, si la connaissance
de ce pronostic permet d’estimer qu’il a plus de chances d’être en vie
au bout de cinq ans que l’inverse, il n’est pas possible pour autant de
savoir s’il sera parmi les 75 % de survivants ou bien parmi les 25 % de
malades décédés.
L’intérêt de la connaissance d’un pronostic ne se limite pas à ce type
de prédiction individuelle. Cette connaissance permet encore d’adapter un traitement en tenant compte du pronostic. Ainsi, dans les cancers du côlon, après une exérèse chirurgicale apparemment complète,
le taux de survie à cinq ans, en l’absence de métastases ganglionnaires
à l’examen anatomopathologique, est de l’ordre de 80 %. Mais il est
inférieur s’il existe des métastases ganglionnaires. Dans ces cas, les
essais thérapeutiques randomisés ont montré qu’une chimiothérapie
augmentait la survie. Ainsi, la connaissance de la valeur pronostique
des métastases ganglionnaires et les résultats des essais randomisés
font prescrire une chimiothérapie chez les malades qui ont été opérés d’un cancer du côlon et qui ont des métastases ganglionnaires.
Cependant, ces chimiothérapies ont des contreparties notamment
digestives et hématologiques. Pour cette raison, deux orientations dans
les recherches caractérisent la logique des démarches médicales dans
ce domaine. Certaines recherches se font vers des chimiothérapies, au
moins aussi efficaces sur des essais d’équivalence, mais mieux tolérées et moins astreignantes. D’autres recherches cherchent à identifier,
parmi les malades qui ont des métastases ganglionnaires, un sousgroupe à faible risque de récidive chez lequel on pourrait éviter, pour
cette raison une chimiothérapie. C’est le cas d’études génomiques ou
des micro-satellites.
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