2
224 Biostatistiques pour le clinicien
tous les malades de l’étude, alors que les scores de propension n’incluent qu’une partie du groupe témoin, sélectionnée par des caractéristiques aussi proches que possible de celles du groupe traité. Les
études multifactorielles sont plus applicables quand il n’y pas de différence quantitativement importante entre les deux groupes, et les scores
de propension quand le groupe témoin est beaucoup plus important
que le groupe d’intérêt.
La recherche d’un consensus : la méthode « Delphi »
En l’absence de résultats d’essais randomisés ou d’analyses multifactorielles, un pis-aller est la méthode Delphi. Son nom vient de la ville
de Delphes, en Grèce, où la pythie, oracle d’Apollon, faisait ses prédictions. Le principe de la méthode repose sur les réponses d’un groupe
d’experts à des séries de questionnaires préétablis. Après chaque série
de questions, une synthèse des réponses est remise à chacun d’entre
eux avec les arguments sur lesquels sont fondées ces réponses. Ensuite,
il est demandé aux experts de revoir leurs réponses à la lumière de
la synthèse qu’ils ont reçue. Ce processus est répété, souvent trois ou
quatre fois. Les réponses sont anonymes pour limiter le risque que les
idées de certains experts, dont l’aura est importante, influencent trop
et l’emportent sur celles des autres. En général, on constate qu’à la
suite de ce processus, les divergences s’estompent et convergent vers
un certain consensus.
La qualité finale du résultat repose, en définitive, sur celle des experts
et sur la capacité des analystes dans le traitement des réponses et de la
conduite de tout l’exercice.
Le processus peut également déboucher sur le constat qu’un consensus
est impossible dans l’état actuel des connaissances, et pointer ainsi les
études à mener en priorité.
Par exemple, une enquête a porté sur la prescription des radiographies
en réanimation dans une trentaine de cas cliniques [4]. Cette enquête
a montré que les praticiens étaient, notamment, en désaccord sur le
recours à la radiographie systématique et quotidienne chez les patients
sous ventilation mécanique. Pour cette raison, un essai randomisé a été
réalisé. Il a montré que la radiographie à la demande n’entraînait pas
de perte de chance pour le patient, tout en réduisant son irradiation
et les coûts [5].
224 Biostatistiques pour le clinicien
tous les malades de l’étude, alors que les scores de propension n’incluent qu’une partie du groupe témoin, sélectionnée par des caractéristiques aussi proches que possible de celles du groupe traité. Les
études multifactorielles sont plus applicables quand il n’y pas de différence quantitativement importante entre les deux groupes, et les scores
de propension quand le groupe témoin est beaucoup plus important
que le groupe d’intérêt.
La recherche d’un consensus : la méthode « Delphi »
En l’absence de résultats d’essais randomisés ou d’analyses multifactorielles, un pis-aller est la méthode Delphi. Son nom vient de la ville
de Delphes, en Grèce, où la pythie, oracle d’Apollon, faisait ses prédictions. Le principe de la méthode repose sur les réponses d’un groupe
d’experts à des séries de questionnaires préétablis. Après chaque série
de questions, une synthèse des réponses est remise à chacun d’entre
eux avec les arguments sur lesquels sont fondées ces réponses. Ensuite,
il est demandé aux experts de revoir leurs réponses à la lumière de
la synthèse qu’ils ont reçue. Ce processus est répété, souvent trois ou
quatre fois. Les réponses sont anonymes pour limiter le risque que les
idées de certains experts, dont l’aura est importante, influencent trop
et l’emportent sur celles des autres. En général, on constate qu’à la
suite de ce processus, les divergences s’estompent et convergent vers
un certain consensus.
La qualité finale du résultat repose, en définitive, sur celle des experts
et sur la capacité des analystes dans le traitement des réponses et de la
conduite de tout l’exercice.
Le processus peut également déboucher sur le constat qu’un consensus
est impossible dans l’état actuel des connaissances, et pointer ainsi les
études à mener en priorité.
Par exemple, une enquête a porté sur la prescription des radiographies
en réanimation dans une trentaine de cas cliniques [4]. Cette enquête
a montré que les praticiens étaient, notamment, en désaccord sur le
recours à la radiographie systématique et quotidienne chez les patients
sous ventilation mécanique. Pour cette raison, un essai randomisé a été
réalisé. Il a montré que la radiographie à la demande n’entraînait pas
de perte de chance pour le patient, tout en réduisant son irradiation
et les coûts [5].
