Prenons l’exemple de l’industrie de la construction, où il est
traditionnel de travailler en vase clos, les architectes d’un côté, les
ingénieurs du génie civil d’un autre, les métreurs ailleurs encore, et il
en est de même des ingénieurs en génie mécanique et des
architectes paysagistes. Ils disposent chacun de leurs propres
données, ils n’utilisent probablement pas les mêmes logiciels, ils
gèrent la coordination des informations en interne et ne
communiquent que ce que le client exige ou ce dont une autre équipe
a besoin à un stade d’avancement donné du projet. C’est là tout le
contraire du principe fondamental du BIM qui permet à tous les
intervenants, le long de la chaîne d’approvisionnement, d’ajouter du
contenu à un modèle unifié.
La modélisation de l’information est
l’avenir de la construction
Dans le monde de l’entreprise à l’échelle internationale, l’industrie de
la construction est un des derniers secteurs à adopter une
normalisation et à affiner les processus de gestion de l’information
pour gagner en efficience. On peut faire valoir que les activités de
construction sont une forme de fabrication. La construction, c’est la
création d’un objet constitué d’un certain nombre de composants : il
se trouve simplement que cet objet représente un projet très
complexe englobant des centaines de milliers de sous-objets évolués
tels que poutrelles en acier, bois, briques et béton. Rien n’empêche le
secteur de la construction de prendre les devants en matière
d’innovation au lieu d’être toujours à la traîne par rapport au secteur
manufacturier, mais il faut pour cela que le pouvoir de l’information
soit bien compris.
L’utilisation exclusive de données numérisées représente un grand
pas en avant pour les métiers de l’environnement bâti, mais ce n’est
pas ce qui résoudra tous les problèmes existants dans les processus
de conception, de construction et de gestion des actifs. Cela ne
pourra jamais être une solution magique, car la réussite d’un projet
dépendra toujours de la prise de conscience de la nécessité de
communiquer avec les autres participants. Un des principes du BIM
pourrait être le suivant : l’information n’est utile que si elle est
partagée. Ce principe doit transcender la définition des rôles et des
intitulés de fonctions : si vous voyez que quelque chose ne va pas,
dites-le à quiconque a intérêt à le savoir.
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