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Principes de sécurité du système d’information
Première partie
Brève critique de la sécurité financière
On peut lire sur le site de VLSI Research un article [64] dans lequel son président
G. Dan Hutcheson fait une analyse très pessimiste des perspectives de l’économie
américaine postérieures à l’affaire Enron et à la floraison de ces législations.
Hutcheson retient les points suivants :
1. la quasi-disparition des stock-options prive les entreprises émergentes du
moyen de motiver leur personnel ;
2. la lourdeur et le coût considérables de l’adaptation à la loi Sarbanes-Oxley
empêcheront pratiquement les entreprises émergentes d’entrer en bourse,
c’est-à-dire d’accéder aux sources de capital (notons que les éventuelles entreprises émergentes françaises n’auront pas à souffrir un tel dommage,
puisque l’accès au marché boursier leur est déjà pratiquement impossible) ;
3. cette fermeture du marché boursier aux entreprises émergentes casse le modèle américain de capital-risque, sur lequel reposait la créativité industrielle
du pays ;
4. les analystes financiers optimistes, accusés d’entraîner les épargnants dans
des aventures dangereuses, risquent désormais la prison : on peut s’attendre
à une flambée de pessimisme ;
5. l’orientation des entreprises selon les nouveaux impératifs de réduction des
coûts et d’optimisation des achats coupe court à toute tentation d’innover.
Hutcheson est d’autant plus sévère à l’égard de la nouvelle législation que, selon
lui, les lois existantes étaient tout à fait suffisantes pour assurer la transparence et
lutter contre la fraude.
Ajoutons que ces différentes législations souffrent, selon nous, d’un vice de
conception : elles suggèrent que la comptabilité des entreprises pourrait résulter de l’observation neutre et objective de phénomènes naturels, un peu comme
les sciences de la nature, alors qu’un système comptable est construit selon des
objectifs et des intentions. La comptabilité des entreprises est construite de façon à limiter l’exposition à la fiscalité, ce qui est un impératif autrement vital que
la transparence économique ; quant à la comptabilité des organismes publics, en
France tout au moins, elle essaye de se couler dans un carcan réglementaire dont
les premières planches ont été clouées au XIV e siècle (cf. mon livre [19], ou sur le
Web [20]).
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