iv
Sécurité Informatique
deux personnes, ne se connaissant au préalable pas, peuvent-elles élaborer un secret commun à elles seules en n’ayant échangé que des messages publics ? Clés
publiques/privées, certificat, signature électronique sont les plus connues des innovations qui en découlent. Notariat électronique, respect de l’anonymat (réseau
TOR), crypto-virus blindés en sont d’autres plus confidentielles aujourd’hui.
Si, dès maintenant, des solutions techniques existent pour un monde meilleur,
c’est sur le plan humain que peine le salut à s’instaurer. On ne peut souhaiter un
monde sûr que si l’on prend la mesure de l’actuelle insécurité. On ne peut espérer
un monde plus sûr que si l’on sait qu’il est réalisable, que si l’on est prêt à tolérer
des changements personnels importants de comportement, que si l’entière société
humaine stimule l’adoption de ces nouvelles règles et veille à les adapter au rythme
des inéluctables évolutions.
La sécurité n’est qu’un sentiment dont l’éclosion est due à la conjonction de facteurs techniques et sociétaux. La mise en place d’un contexte favorable à ce sentiment est complexe, tant sont grandes les difficultés de réalisation et les oppositions entre les différentes inclinations libertaires, dirigistes ou Big Brotheriennes. L’anonymat est-il autorisé sur Internet ? Puis-je mettre mon ordinateur en
conformité avec mes désirs sécuritaires ? Comment rétribuer une création intellectuelle incarnée numériquement (sic) et dont la duplication est quasiment gratuite ?
Devons-nous laisser l’offre des industriels diriger notre morale et notre liberté ?
L’excellent livre de Laurent Bloch et Christophe Wolfhugel a pour thème la sécurité. Loin de s’appesantir sur les seuls aspects techniques ou de broder autour de
banalités comme « la sécurité parfaite n’existe pas » ou encore « avoir listé les menaces garantit une éternelle quiétude », ce livre est à lire et à méditer pour tous ceux
qui y croient et tous ceux qui n’y croient pas afin que tous puissent participer intelligemment à l’avènement de l’ère numérique. Cet espace incommensurablement
démocratique (les internautes votent avec leur souris) que réalise l’interconnexion
de toutes les puces calculantes, nous avons une chance de modeler son avenir tout
autant que de le transformer en le plus effroyablement fliqué lieu communautaire.
À nous de choisir à la lueur de ce que nous en dit cet ouvrage.
Christian Queinnec
Professeur à l’Université
Pierre et Marie Curie
Sécurité Informatique
deux personnes, ne se connaissant au préalable pas, peuvent-elles élaborer un secret commun à elles seules en n’ayant échangé que des messages publics ? Clés
publiques/privées, certificat, signature électronique sont les plus connues des innovations qui en découlent. Notariat électronique, respect de l’anonymat (réseau
TOR), crypto-virus blindés en sont d’autres plus confidentielles aujourd’hui.
Si, dès maintenant, des solutions techniques existent pour un monde meilleur,
c’est sur le plan humain que peine le salut à s’instaurer. On ne peut souhaiter un
monde sûr que si l’on prend la mesure de l’actuelle insécurité. On ne peut espérer
un monde plus sûr que si l’on sait qu’il est réalisable, que si l’on est prêt à tolérer
des changements personnels importants de comportement, que si l’entière société
humaine stimule l’adoption de ces nouvelles règles et veille à les adapter au rythme
des inéluctables évolutions.
La sécurité n’est qu’un sentiment dont l’éclosion est due à la conjonction de facteurs techniques et sociétaux. La mise en place d’un contexte favorable à ce sentiment est complexe, tant sont grandes les difficultés de réalisation et les oppositions entre les différentes inclinations libertaires, dirigistes ou Big Brotheriennes. L’anonymat est-il autorisé sur Internet ? Puis-je mettre mon ordinateur en
conformité avec mes désirs sécuritaires ? Comment rétribuer une création intellectuelle incarnée numériquement (sic) et dont la duplication est quasiment gratuite ?
Devons-nous laisser l’offre des industriels diriger notre morale et notre liberté ?
L’excellent livre de Laurent Bloch et Christophe Wolfhugel a pour thème la sécurité. Loin de s’appesantir sur les seuls aspects techniques ou de broder autour de
banalités comme « la sécurité parfaite n’existe pas » ou encore « avoir listé les menaces garantit une éternelle quiétude », ce livre est à lire et à méditer pour tous ceux
qui y croient et tous ceux qui n’y croient pas afin que tous puissent participer intelligemment à l’avènement de l’ère numérique. Cet espace incommensurablement
démocratique (les internautes votent avec leur souris) que réalise l’interconnexion
de toutes les puces calculantes, nous avons une chance de modeler son avenir tout
autant que de le transformer en le plus effroyablement fliqué lieu communautaire.
À nous de choisir à la lueur de ce que nous en dit cet ouvrage.
Christian Queinnec
Professeur à l’Université
Pierre et Marie Curie
