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Avenir de la sécurité du système d’information
Quatrième partie
Cette combinaison de dispositions techniques et légales devrait être verrouillée,
si les rêves des majors se réalisent, par l’adoption en Europe d’une législation sur
la brevetabilité du logiciel, inspirée de celle qui a cours aux États-Unis, et qui
pourrait empêcher la création de logiciels libres, notamment dans ce domaine de
la création et de la diffusion d’œuvres de l’esprit. Dans ce combat des brevets
logiciels, les majors ont reçu le renfort de Siemens, Nokia, Philips et Alcatel.
Autant dire que les forces hostiles aux nouvelles pratiques culturelles disposent de
moyens économiques et de pouvoirs d’influence considérables.
Dispositifs techniques de prohibition des échanges
Gestion des droits numériques (DRM)
Nous avons déjà évoqué à la page 58 le protocole de gestion des droits numériques DRM, en l’occurrence pour en signaler une réalisation fautive et frauduleuse. DRM vise à protéger des données numériques enregistrées sur CD ou
DVD, ou diffusées par le réseau, au moyen d’un système de chiffrement et de
signature. Le fichier numérique qui contient, par exemple, le film ou la musique
est chiffré et compressé. Il ne pourra être lu qu’au moyen d’un logiciel spécial, qui
sera éventuellement fourni avec le fichier et installé sur le même support. Pour lire
le fichier, c’est-à-dire voir le film ou écouter la musique, l’acheteur devra fournir
une clé secrète qui lui aura été remise au moment du paiement. Le logiciel DRM
pourra également, au gré du vendeur, limiter le nombre de copies possibles du
fichier, ou le nombre de lectures, ou la date limite de lecture.
Un des multiples inconvénients du protocole DRM, c’est qu’il limite l’usage légitime des données qu’il protège : si le logiciel de lecture ne fonctionne que sur
tel ou tel modèle de lecteur de DVD ou avec tel ou tel système d’exploitation, les
propriétaires de systèmes différents ne pourront pas utiliser le DVD en question,
quand bien même ils l’auront payé, et la loi sur les brevets logiciel leur interdira de
créer un logiciel libre destiné à résoudre ce problème. La situation décrite ici n’est
pas du tout un cas d’école, elle s’est effectivement produite ; ainsi le Norvégien
Jon Johansen a été poursuivi en 2000 par les tribunaux de son pays, à la demande
de l’Association américaine pour le contrôle de la copie de DVD (DVD-CAA),
pour le simple fait d’avoir tenté de lire ses propres DVD, et d’avoir écrit pour ce
faire le logiciel DeCSS pour le décodage des DVD sous Linux ; il a finalement été
Avenir de la sécurité du système d’information
Quatrième partie
Cette combinaison de dispositions techniques et légales devrait être verrouillée,
si les rêves des majors se réalisent, par l’adoption en Europe d’une législation sur
la brevetabilité du logiciel, inspirée de celle qui a cours aux États-Unis, et qui
pourrait empêcher la création de logiciels libres, notamment dans ce domaine de
la création et de la diffusion d’œuvres de l’esprit. Dans ce combat des brevets
logiciels, les majors ont reçu le renfort de Siemens, Nokia, Philips et Alcatel.
Autant dire que les forces hostiles aux nouvelles pratiques culturelles disposent de
moyens économiques et de pouvoirs d’influence considérables.
Dispositifs techniques de prohibition des échanges
Gestion des droits numériques (DRM)
Nous avons déjà évoqué à la page 58 le protocole de gestion des droits numériques DRM, en l’occurrence pour en signaler une réalisation fautive et frauduleuse. DRM vise à protéger des données numériques enregistrées sur CD ou
DVD, ou diffusées par le réseau, au moyen d’un système de chiffrement et de
signature. Le fichier numérique qui contient, par exemple, le film ou la musique
est chiffré et compressé. Il ne pourra être lu qu’au moyen d’un logiciel spécial, qui
sera éventuellement fourni avec le fichier et installé sur le même support. Pour lire
le fichier, c’est-à-dire voir le film ou écouter la musique, l’acheteur devra fournir
une clé secrète qui lui aura été remise au moment du paiement. Le logiciel DRM
pourra également, au gré du vendeur, limiter le nombre de copies possibles du
fichier, ou le nombre de lectures, ou la date limite de lecture.
Un des multiples inconvénients du protocole DRM, c’est qu’il limite l’usage légitime des données qu’il protège : si le logiciel de lecture ne fonctionne que sur
tel ou tel modèle de lecteur de DVD ou avec tel ou tel système d’exploitation, les
propriétaires de systèmes différents ne pourront pas utiliser le DVD en question,
quand bien même ils l’auront payé, et la loi sur les brevets logiciel leur interdira de
créer un logiciel libre destiné à résoudre ce problème. La situation décrite ici n’est
pas du tout un cas d’école, elle s’est effectivement produite ; ainsi le Norvégien
Jon Johansen a été poursuivi en 2000 par les tribunaux de son pays, à la demande
de l’Association américaine pour le contrôle de la copie de DVD (DVD-CAA),
pour le simple fait d’avoir tenté de lire ses propres DVD, et d’avoir écrit pour ce
faire le logiciel DeCSS pour le décodage des DVD sous Linux ; il a finalement été
