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Nouveaux protocoles, nouvelles menaces
Chapitre 10
tion. À la différence de KaZaA, qui était financé essentiellement par la publicité,
le système Skype tire ses revenus de la facturation d’un service payant, celui des
passerelles qui permettent à ses utilisateurs d’entrer en communication avec un
abonné du réseau téléphonique ordinaire ; les méthodes d’accès à ces passerelles
s’appellent SkypeIn et SkypeOut.
Skype est disponible pour les systèmes Windows, MacOS X, PocketPC et Linux. Il permet l’établissement d’une communication gratuite et directe entre deux
ordinateurs équipés du logiciel Skype, d’un micro et d’un haut-parleur, via l’Internet. Skype comporte également un système de messagerie instantanée qui permet
l’échange de messages écrits et de fichiers. Les passerelles payantes permettent
d’atteindre un abonné au téléphone ordinaire.
Skype permet également l’organisation de téléconférences et, depuis la version
2.0 de janvier 2006, de visioconférences, à condition que les participants soient
équipés de webcams. De l’avis des utilisateurs, il semble que la qualité du son soit
excellente, meilleure que celle des concurrents. Les communications qui circulent
sur le réseau sont chiffrées, ce qui assure une bonne confidentialité.
Comme le souligne Simson L. Garfinkel [58], le succès de Skype est dû notamment
au fait qu’il est bien plus facile à installer et à utiliser que les systèmes concurrents.
De surcroît, Skype, comme KaZaA, est conçu de façon à pouvoir franchir sans
encombre les pare-feu et les dispositifs de traduction d’adresse (NAT). L’efficacité
des méthodes de franchissement de Skype n’est pas sans laisser craindre à certains
employeurs qu’elles soient utilisées par leurs employés pour des usages privés, et
les administrateurs de ces réseaux, ainsi que les responsables de sécurité, ne laissent
pas d’être agacés par ce logiciel conçu spécialement pour faire échec aux mesures
de sécurité et de filtrage qu’ils s’efforcent de mettre en place. On craint également
que des nœuds espions puissent être introduits dans le réseau Skype.
Le protocole utilisé par Skype n’est pas publié, non plus que le code source du
logiciel. Néanmoins ce dernier a pu être analysé par Fabrice Desclaux [39] et Philippe Biondi [16]. La tâche n’est pas facile : le programme exécutable est chiffré sur
le disque dur, et n’est déchiffré qu’une fois chargé en mémoire vive. En plusieurs
dizaines d’emplacements le programme vérifie l’intégrité de son propre texte, de
façon à éviter qu’un candidat à la rétro-ingénierie du protocole ou du code ne
réussisse à l’instrumenter.
Nouveaux protocoles, nouvelles menaces
Chapitre 10
tion. À la différence de KaZaA, qui était financé essentiellement par la publicité,
le système Skype tire ses revenus de la facturation d’un service payant, celui des
passerelles qui permettent à ses utilisateurs d’entrer en communication avec un
abonné du réseau téléphonique ordinaire ; les méthodes d’accès à ces passerelles
s’appellent SkypeIn et SkypeOut.
Skype est disponible pour les systèmes Windows, MacOS X, PocketPC et Linux. Il permet l’établissement d’une communication gratuite et directe entre deux
ordinateurs équipés du logiciel Skype, d’un micro et d’un haut-parleur, via l’Internet. Skype comporte également un système de messagerie instantanée qui permet
l’échange de messages écrits et de fichiers. Les passerelles payantes permettent
d’atteindre un abonné au téléphone ordinaire.
Skype permet également l’organisation de téléconférences et, depuis la version
2.0 de janvier 2006, de visioconférences, à condition que les participants soient
équipés de webcams. De l’avis des utilisateurs, il semble que la qualité du son soit
excellente, meilleure que celle des concurrents. Les communications qui circulent
sur le réseau sont chiffrées, ce qui assure une bonne confidentialité.
Comme le souligne Simson L. Garfinkel [58], le succès de Skype est dû notamment
au fait qu’il est bien plus facile à installer et à utiliser que les systèmes concurrents.
De surcroît, Skype, comme KaZaA, est conçu de façon à pouvoir franchir sans
encombre les pare-feu et les dispositifs de traduction d’adresse (NAT). L’efficacité
des méthodes de franchissement de Skype n’est pas sans laisser craindre à certains
employeurs qu’elles soient utilisées par leurs employés pour des usages privés, et
les administrateurs de ces réseaux, ainsi que les responsables de sécurité, ne laissent
pas d’être agacés par ce logiciel conçu spécialement pour faire échec aux mesures
de sécurité et de filtrage qu’ils s’efforcent de mettre en place. On craint également
que des nœuds espions puissent être introduits dans le réseau Skype.
Le protocole utilisé par Skype n’est pas publié, non plus que le code source du
logiciel. Néanmoins ce dernier a pu être analysé par Fabrice Desclaux [39] et Philippe Biondi [16]. La tâche n’est pas facile : le programme exécutable est chiffré sur
le disque dur, et n’est déchiffré qu’une fois chargé en mémoire vive. En plusieurs
dizaines d’emplacements le programme vérifie l’intégrité de son propre texte, de
façon à éviter qu’un candidat à la rétro-ingénierie du protocole ou du code ne
réussisse à l’instrumenter.
