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Science de la sécurité du système d’information
Deuxième partie
réunit bien d’autres individus que ses propres personnels, lesquels ne représentent
qu’une petite moitié des quelques milliers de personnes actives dans l’institution.
Pour écarter d’autres idées simplistes, qu’il suffise de dire que lesdits personnels
sont dispersés sur quelques dizaines de sites dotés chacun de ses propres règles de
gestion administrative et technique. Il fallait chercher autre chose.
Une enquête auprès de collègues expérimentés m’apprit qu’il existait environ 130
fichiers de personnel dans l’entreprise, exhaustifs ou partiels. De quoi faire dresser
les cheveux sur la tête d’un concepteur de système d’information ! Il est plus que
probable que l’existence de bases de données de bonne qualité facilement accessibles serait de nature à faire disparaître beaucoup de ces fichiers d’intérêt local,
constitués pour résoudre des problèmes ponctuels, et pas forcément toujours de
très bonne qualité. Mais sans faire passer le nombre de fichiers de personnel de
130 à 1 !
Une visite aux détenteurs de quelques-uns des 130 fichiers a révélé un certain
nombre de fichiers redondants, morts ou indigents, mais aussi des fichiers bien
vivants qui avaient de bonnes raisons de continuer à mener une existence distincte. Parmi les bonnes raisons, la plupart ont trait à des exigences temporelles
quant à la disponibilité des données. Ainsi, lorsqu’un nouveau salarié prend ses
fonctions le premier jour du mois, le degré d’urgence de son inscription dans les
fichiers du personnel est déterminé par l’objectif de lui verser sa rémunération,
c’est-à-dire que cette inscription doit avoir lieu au plus tard entre le 15 et le 20 du
mois. Mais pour qu’il puisse effectivement commencer à travailler il faut lui ouvrir un compte de messagerie électronique bien avant cette date, et, pour ce faire,
l’enregistrer dans les bases de données correspondantes. Il serait également souhaitable qu’il soit dans l’annuaire téléphonique. Bref, les auteurs et les utilisateurs
de ces fichiers ont des impératifs différents, sans même aborder la délicate question de la confidentialité des données et du secret professionnel. Les supprimer au
profit d’une base de données unique n’irait sûrement pas sans poser de difficiles
problèmes.
Nos dernières illusions s’envolèrent lorsque nous décidâmes de quitter le havre de
la direction générale pour visiter des sites opérationnels en province ou en région
parisienne. Les personnes chargées d’alimenter les bases en données recueillies
sur le terrain nous expliquèrent avec ménagement mais franchise les procédures
suivies. Les fichiers dont le contenu avait une incidence financière ou en termes
de personnel étaient mis à jour sérieusement, mais uniquement pour les données
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