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Science de la sécurité du système d’information
Deuxième partie
Le système d’exploitation était écrit en langage évolué (en l’occurrence PL/1), voie
ouverte par les systèmes Burroughs écrits en Algol, mais encore peu fréquentée.
Les concepts de mémoire centrale pour les données volatiles et de fichiers pour les
données persistantes étaient fondus en un concept unique de mémoire virtuelle
segmentée, certains segments étant dotés de la qualité de persistance.
De même que les auteurs de Multics avaient accompli une percée conceptuelle
considérable et qui reste aujourd’hui à poursuivre en réunissant les structures de
données en mémoire et les fichiers persistants sur disque en un concept unique
de segment, ils ont aussi imaginé pour la protection une approche et des concepts
originaux et puissants que les systèmes d’aujourd’hui redécouvrent lentement.
Abolir les fichiers !
L’unification conceptuelle des données en mémoire vive et des données persistantes (fichiers) fut un progrès parce qu’elle abolit une distinction arbitraire (mémoire–fichier)
dont les raisons techniques sont aujourd’hui en grande partie périmées grâce aux systèmes à mémoire virtuelle et à la capacité accrue des mémoires de toutes sortes. Elle
reste à poursuivre parce que les systèmes actuels reposent encore sur l’ancien modèle de
mémoire et sur la notion inélégante de fichier.
Si Multics n’a guère connu le succès, sa postérité est innombrable, parce qu’Unix
(et par conséquent Linux) en sont les descendants directs. À la fin des années
1960, l’échec de Multics aux Bell Labs était patent. L’équipe qui allait y concevoir
Unix, autour de Ken Thompson et Dennis Ritchie, comprit que Multics ne serait
pas utilisable pour un travail réel dans un délai raisonnable. Le groupe de D.
Ritchie, K. Thompson, M. D. McIlroy et Joseph F. Ossanna souhaitait conserver
l’environnement de travail luxueux que Multics leur procurait à un coût d’autant
plus exorbitant qu’ils en étaient les derniers utilisateurs. Pour ce faire ils allaient
développer leur propre système sur un petit ordinateur bon marché et un peu
inutilisé récupéré dans un couloir, un PDP 7 de Digital Equipment. Unix était
sinon né, du moins conçu, mais il abandonnait certains des concepts novateurs
de Multics, notamment l’unification mémoire vive – mémoire persistante et les
dispositifs de protection, trop coûteux en mémoire et en temps de processeur pour
les ordinateurs de l’époque.
Science de la sécurité du système d’information
Deuxième partie
Le système d’exploitation était écrit en langage évolué (en l’occurrence PL/1), voie
ouverte par les systèmes Burroughs écrits en Algol, mais encore peu fréquentée.
Les concepts de mémoire centrale pour les données volatiles et de fichiers pour les
données persistantes étaient fondus en un concept unique de mémoire virtuelle
segmentée, certains segments étant dotés de la qualité de persistance.
De même que les auteurs de Multics avaient accompli une percée conceptuelle
considérable et qui reste aujourd’hui à poursuivre en réunissant les structures de
données en mémoire et les fichiers persistants sur disque en un concept unique
de segment, ils ont aussi imaginé pour la protection une approche et des concepts
originaux et puissants que les systèmes d’aujourd’hui redécouvrent lentement.
Abolir les fichiers !
L’unification conceptuelle des données en mémoire vive et des données persistantes (fichiers) fut un progrès parce qu’elle abolit une distinction arbitraire (mémoire–fichier)
dont les raisons techniques sont aujourd’hui en grande partie périmées grâce aux systèmes à mémoire virtuelle et à la capacité accrue des mémoires de toutes sortes. Elle
reste à poursuivre parce que les systèmes actuels reposent encore sur l’ancien modèle de
mémoire et sur la notion inélégante de fichier.
Si Multics n’a guère connu le succès, sa postérité est innombrable, parce qu’Unix
(et par conséquent Linux) en sont les descendants directs. À la fin des années
1960, l’échec de Multics aux Bell Labs était patent. L’équipe qui allait y concevoir
Unix, autour de Ken Thompson et Dennis Ritchie, comprit que Multics ne serait
pas utilisable pour un travail réel dans un délai raisonnable. Le groupe de D.
Ritchie, K. Thompson, M. D. McIlroy et Joseph F. Ossanna souhaitait conserver
l’environnement de travail luxueux que Multics leur procurait à un coût d’autant
plus exorbitant qu’ils en étaient les derniers utilisateurs. Pour ce faire ils allaient
développer leur propre système sur un petit ordinateur bon marché et un peu
inutilisé récupéré dans un couloir, un PDP 7 de Digital Equipment. Unix était
sinon né, du moins conçu, mais il abandonnait certains des concepts novateurs
de Multics, notamment l’unification mémoire vive – mémoire persistante et les
dispositifs de protection, trop coûteux en mémoire et en temps de processeur pour
les ordinateurs de l’époque.
