118
le souffle de la Terre
Dans l'esprit populaire : l'Homme partant en quête
doit revenir rendre des comptes. La société tirera profit
de son expérience pour progresser, s'enrichir ou survivre. La soif de profit a toujours lancé les hommes sur
toutes les mers du globe à la recherche de l'Eldorado.
Le chercheur va donc s'aventurer dans un univers dangereux pour le bien-être de la collectivité. Cette fois,
notre explorateur n'est pas parti en quête des mines de
Cibola, mais en queste de ses richesses intérieures,
autrement dit : du Graal. Il doit donc être protégé par
une branche d'aubépine entrelacée de trèfles à cinq
feuilles. Un curieux talisman, que l'on peut qualifier de
circonstance. En effet, l'aubépine ou épine blanche
(spem gwenn en breton), représente la dualité des forces
de l'hiver et de l'été, du blanc et du noir. Il s'agit donc
d'une plante symbolisant la transition: en l'occurrence
la venue du printemps, du passage, puisqu'elle est l'un
des tout premiers arbustes à fleurir. Dans la tradition
celtique, la couleur blanche établit la communication
avec l'autre monde. C'est pourquoi la tenue rituelle des
druides, la saie, porte cette couleur. Les trèfles à cinq
feuilles représentent également une transition. Celle de
l'homme: le 5, vers le ciel: le 3. Il s'agit là d'un symbole
très ancien qui fut largement développé par les sculpteurs des cathédrales, et mieux connu sous le terme du
retournement.
Pour profiter des richesses de l'enseignement du
menhir, pour en tirer la substantifique moelle, l'Homme
doit ouvrir son cœur aux messages du ciel et entamer
son retournement, faute de quoi la connaissance peut
s'avérer dangereuse pour lui.
Précédent

- 133/293

Suivant