Le débitage par pression implique un équipement plus élaboré que le débitage
par percussion : système d'immobilisation, outil composite à presser. De plus,
l'intervention de la chauffe de la matière première dans de nombreux cas témoigne d'un
savoir-faire complexe. Cependant, malgré l'amélioration qu'elle peut apporter, ce type
de débitage exige une matière première à grain fin et homogène. L'obsidienne est la
matière première la mieux adaptée à ce débitage.
Par les nuances qui peuvent être apportées aux différents mouvements, par le
dosage de la force qui peut être appliquée, par l'exactitude du point où est posée la pointe
(presseur), la pression permet le maximum de précision, le maximum de standardisation,
grâce au parallélisme des nervures : cette tehnique assure une rentabilité de la matière
première nettement supérieure au débitage par percussion. C'est une technique qui permet
de mener un débitage de lames à deux nervures, donc un débitage idéal : celui qui, à
chaque lame obtenue, enlève deux nervures au nucléus pour en créer deux autres.
Plus que toute autre technique de débitage, la pression a donné lieu à des
prouesses d'imagination, grâce à des mises en forme et des dimensions variées pour les
nucléus, grâce à l'égrisage des plans de pression quand il s'agit de l'obsidienne, voire
au polissage pour régulariser certaines parties en cours de débitage
73
(fig. 63).
La pression étant une technique qui permet de débiter un nucléus "au plus loin
possible" comme en témoignent les nombreux "bullet cores" archéologiques (ou nucléus
en balle de fusil), les accidents par outrepassage sont fréquents. Il n'est donc pas
concevable, pas logique, de débiter par pression en partant de deux plans de pression
opposés, simultanés.
Critères de reconnaissance
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Sur le nucléus
Les nervures très rectilignes et très régulièrement parallèles contribuent à
différencier un nucléus débité par pression d'un nucléus débité par percussion, la
morphologie des nucléus pouvant être variée (fig. 31).
Dans tous les cas, un nucléus débité par pression doit, pour être ainsi appelé,
conserver une partie incontestablement "cannelée".
Les plans de pression peuvent être corticaux, lisses ou préparés. Dans le cas des
roches vitreuses, comme l'obsidienne, pour éviter tout glissement lors du débitage, le
plan de pression est très souvent égrisé, partiellement ou totalement. Cet égrisage s'étend
parfois à la corniche du nucléus, voire à toute une partie de la surface de débitage
(fig. 63). De très rares cas d'égrisage du plan de pression et de la corniche sont connus
sur des nucléus de silex.
Les deux formes de base des nucléus sont la pyramide et le parallélépipède.
Les nucléus pyramidaux sont alors :
- soit à plan de pression circulaire et silhouette ogivale, aboutissement d'un
nucléus qui a été mis en forme "en mitre" (fig. 31 : 1);
- soit pratiquement cylindriques, "en balle de fusil" (bullet core)
à plan de
pression extrêmement réduit en fin de débitage (fig. 31:2).
Les nucléus parallélépipèdiques que nous dénommons "plats" sont à une seule
surface de débitage, soit à deux surfaces successives, comme on en connaît dans le Bronze
de Grèce (fig. 31 : 3 et 4).
Sur les lames et lamelles de plein débitage
- le parallélisme des bords et des nervures, qui tendent à être rectilignes;
- la faible épaisseur des produits est constante dans leur partie mésiale ;
- la face inférieure ne porte pas d'ondulations marquées;
73 Inizan, Tixier, 1983.
74 J. Tixier a établi les premiers critères de reconnaissance de cette technique d'après l'industrie lithique du
Capsien supérieur de l'Ain Dokkara (Tixier, 1976a).
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