de la face d'éclatement, et
un des plans de la face supérieure, ce
qui impose
immuablement un outil sur éclat... L'enlèvement d'un
éclat représentant la préparation
du tranchant du futur outil est, psychiquement, l'acte
essentiel dans l'obtention du
hachereau"
53
.
En dépit de cette description très précise, publiée dès le milieu des années
cinquante et assortie d'une classification morpho-technique, les hachereaux, outils très
abondants dans certains Acheuléens, continuent de donner lieu à des erreurs
d'interprétation, puisqu'ils sont le plus souvent considérés comme des bifaces et classés
avec eux. Or leur processus de fabrication repose essentiellement sur le débitage d'un
grand éclat qui implique nécessairement une prédétermination, la part prise par le
façonnage bifacial étant très variable.
D'un point de vue morphologique, le hachereau, de par son mode de fabrication,
se caractérise fréquemment par une asymétrie tant bifaciale que bilatérale.
Certains hachereaux ne relèvent que du débitage, avec forte prédétermination pour
la production de l'éclat support. Tel est le cas des hachereaux faits sur des éclats obtenus
par les méthodes Levallois (p. 63 et suiv.), Kombewa (p. 71 et fig. 28) ou Tabelbala
(p. 38 et p. 72), mais cela peut également se produire avec des éclats ordinaires.
Eventuellement les bords peuvent être régularisés par retouches.
Pour les autres types de hachereaux, hormis le proto-hachereau dont la face
supérieure est entièrement corticale, le biseau tranchant résulte de "l'intersection
volontairement provoquée de deux surfaces : la face inférieure de l'éclat support (qui)
vient recouper le négatif laissé par le détachement préalable d'un éclat prédéterminant"
54
.
Tous les degrés de modifications postérieures au débitage sont ensuite observables, depuis
un rapide aménagement de la base de l'éclat support - pour amincir ou supprimer la
partie talon-bulbe - et/ou une régularisation des bords, jusqu'à un façonnage bifacial total
de la pièce, à l'exception bien entendu du biseau tranchant qui reste toujours brut de
taille.
En règle générale, on peut dire que l'importance prise par le façonnage est
inversement proportionnelle au degré de prédétermination de l'éclat support. C'est la
prédétermination qui "fait" le hachereau, et non le façonnage, qui joue là un rôle
(facultatif) pour équilibrer et régulariser la pièce.
La complexité d'un objet taillé ne tient pas nécessairement à une chaîne opératoire
longue. Le hachereau en est un très bon exemple. C'est un outil en apparence simple,
mais qui relève en fait d'un schéma conceptuel élaboré très efficace.
53 Tixier, 1956.
54 Texier , 1989.
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