Après acquisition collective de la matière première par ramassage sélectif, par
extraction (creusement d'entonnoirs ou de puits), ou encore par choc thermique
(éclatement par le feu), les principales techniques ou combinaisons de techniques utilisées
sont : taille élaborée et polissage minimal; taille minimale et polissage important; taille
minimale ou sciage et bouchardage sommaire et polissage important ; bouchardage seul ;
sciage seul; polissage seul.
Une fois finies, les lames sont emmanchées en hache ou en herminette selon des
modes variés. Utilisés pour l'abattage et le refend du bois, ces outils jouent aussi un
rôle très important dans les échanges et comme objets de représentation technique et
sociale.
• Taille de perles en cornaline en Inde
La taille des objets en cornaline telle qu'elle se pratique encore à Khambhat,
dans le Gujarat (Inde), apporte des informations ethnoarchéologiques du plus grand intérêt
car elle peut être directement confrontée aux données archéologiques du IIP millénaire
de la civilisation de l'Indu s. En effet, disposant d'ateliers de fabrication archéologiques
à Chanhu Daro et à Lothal
51 , il a été possible de les comparer aux ateliers contemporains.
La chaîne de fabrication actuelle se déroule ainsi
52 . Dans les terrasses fossiles
de la Narmada, distantes de plus de 100 km de Khambhat, les galets de cornaline sont
extraits et triés en fonction de leurs dimensions, dans des puits à ciel ouvert creusés
parfois à près de 15 m. Un traitement thermique est effectué pour améliorer l'aptitude
à la taille, traitement qui peut se renouveler à tous moments de la chaîne opératoire
pour modifier le rouge des cornalines. On procède à la taille en deux étapes, ébauche
et préforme (fig. 18 : 3). La technique est une percussion indirecte par contre-coup (p. 32).
L'ébauche possède les principales caractéristiques géométriques de la future perle, qui
sera à section carrée, circulaire, ovoïde, cylindrique, etc., et il y a changement de barre
de fer (plus pointue) et de maillet (plus léger), pour obtenir la préforme. Celle-ci est
ensuite abrasée, polie, perforée, et enfin lustrée. La force rotative nécessaire à la
perforation et au polissage est encore obtenue au foret à archet, dont on connaît l'usage
dès le Néolithique.
Un outi l particulie r : l e haeherea u
La particularité du haehereau (fig. 19) tient à deux éléments essentiels.
• Sa fabrication relève soit uniquement d'un débitage, soit d'un débitage suivi
d'un façonnage. C'est pourquoi il nous a paru légitime de le traiter à la fin de ce chapitre
consacré au façonnage, juste avant celui consacré au débitage.
• Sa partie active, le biseau tranchant, est obligatoirement brut de taille. Les
pièces bifaciales possédant un biseau tranchant obtenu par façonnage ou par coup de
tranchet latéral sont en fait des bifaces à tranchant transversal (ou encore terminal), et
non des hachereaux.
Le haehereau est un outil presque exclusivement acheuléen. Il n'apparaît que très
occasionnellement au Paléolithique moyen.
"Le principe dominant qui a dirigé la fabrication d'un haehereau est, on le sait,
l'obtention d'un tranchant terminal... Ce tranchant, qui est toujours naturel, c'est-à-dire
exempt de retouches intentionnelles est
obtenu...par la rencontre de deux plans : plan
51 Mac Kay, 1943; Rao, 1973.
52 Roux, Pelegrin, 1989.
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