Préformes
Une préforme est le résultat de la préparation particulièrement soignée d'une
ébauche en vue d'une finition pour laquelle une ou plusieurs techniques sont mises en
œuvre (fig. 47). Le travail de finition modifie peu la morphologie de la préforme et les
principales techniques de finition utilisées sont la percussion, la pression, le polissage,
le bouchardage. Un traitement thermique s'insère parfois dans la chaîne opératoire, et
les agencements de techniques peuvent varier à l'infini (par exemple traitement thermique
puis pression, polissage puis pression, bouchardage puis polissage, etc.).
Quatre exemples de chaîne opératoire avec préforme sont présentés dans ce
paragraphe : deux exemples archéologiques, pour la compréhension
desquels
l'expérimentation a joué un grand rôle, et deux exemples ethnographiques, témoignages
"vivants", dans des contextes très différents, de la perduration de la taille de la pierre,
et de son rôle socio-économique et symbolique.
• Haches à "section carrée" du Néolithique final danois
Les préformes des haches à section rectangulaire (fig. 18 : 1) sont ainsi
préparées
47 : après épannelage d'un bloc d'autant plus volumineux que le produit final
doit être de grande dimension, l'ébauchage de la forme quadrangulaire se fait par
percussion directe avec des percuteurs de pierre de poids modulé selon les différentes
étapes du travail. L'ébauche doit être le plus proche possible de la morphologie finale
désirée, car les "rattrapages" ultérieurs sont très difficiles. L'étape suivante est la mise
au point de la préforme qui se fait par percussion indirecte au punch. La régularisation
des arêtes de la préforme, qui doivent être parfaitement rectilignes, peut s'effectuer par
petites percussions directes au percuteur tendre, par percussion indirecte, ou par pression.
La préforme est prête pour le polissage, effectué à la main pour les petites haches, ou
sur un grand poussoir avec un dispositif particulier pour celles de plus de 20 cm
48 . Au
moins trois techniques différentes ont donc pu être mises en œuvre.
• Couteaux prédynastiques égyptiens
Un autre exemple, protohistorique cette fois, est la chaîne opératoire complexe
des couteaux prédynastiques égyptiens de la période gerzéenne (3200 ans avant notre
ère environ)
49 , qui se déroule ainsi : épannelage d'un bloc ou d'une plaquette de silex;
ébauchage puis préparation de la préforme (ces deux dernières opérations au moins par
percussion directe au percuteur tendre); polissage complet de cette préforme qui peut
atteindre 30 cm ; préparation des bords ; retouche par pression (sans doute au cuivre)
d'une face - l'autre reste polie -, qui produit de longs enlèvements parallèles en S (ripple
flakes) dont la fonction esthétique ne fait guère de doute ; fine denticulation de la partie
active.
• Haches polies d'Irian Jaya (Indonésie)
Il existe un remarquable exemple ethnographique de chaînes opératoires de
fabrication de haches ou herminettes polies, en Papouasie-Nouvelle Guinée
50
(fig. 18 :
2). Dans les vallées du centre-ouest d'Irian Jaya, des "lames" de haches, herminettes ou
ciseaux sont encore fabriquées par plusieurs groupes, avec quatre techniques dont
l'agencement varie en fonction des matières premières et des compétences techniques
de chaque groupe : la taille (percussion directe au percuteur de pierre dure ou tendre,
ou sur enclume), le bouchardage, le polissage et le sciage.
47 Hansen, Madsen, 1983.
48 Madsen, 1984.
49 Midant-Reynes, Tixier, 1981; Kelterborn, 1987.
50 Pétrequin, Pétrequin, 1993.
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Une préforme est le résultat de la préparation particulièrement soignée d'une
ébauche en vue d'une finition pour laquelle une ou plusieurs techniques sont mises en
œuvre (fig. 47). Le travail de finition modifie peu la morphologie de la préforme et les
principales techniques de finition utilisées sont la percussion, la pression, le polissage,
le bouchardage. Un traitement thermique s'insère parfois dans la chaîne opératoire, et
les agencements de techniques peuvent varier à l'infini (par exemple traitement thermique
puis pression, polissage puis pression, bouchardage puis polissage, etc.).
Quatre exemples de chaîne opératoire avec préforme sont présentés dans ce
paragraphe : deux exemples archéologiques, pour la compréhension
desquels
l'expérimentation a joué un grand rôle, et deux exemples ethnographiques, témoignages
"vivants", dans des contextes très différents, de la perduration de la taille de la pierre,
et de son rôle socio-économique et symbolique.
• Haches à "section carrée" du Néolithique final danois
Les préformes des haches à section rectangulaire (fig. 18 : 1) sont ainsi
préparées
47 : après épannelage d'un bloc d'autant plus volumineux que le produit final
doit être de grande dimension, l'ébauchage de la forme quadrangulaire se fait par
percussion directe avec des percuteurs de pierre de poids modulé selon les différentes
étapes du travail. L'ébauche doit être le plus proche possible de la morphologie finale
désirée, car les "rattrapages" ultérieurs sont très difficiles. L'étape suivante est la mise
au point de la préforme qui se fait par percussion indirecte au punch. La régularisation
des arêtes de la préforme, qui doivent être parfaitement rectilignes, peut s'effectuer par
petites percussions directes au percuteur tendre, par percussion indirecte, ou par pression.
La préforme est prête pour le polissage, effectué à la main pour les petites haches, ou
sur un grand poussoir avec un dispositif particulier pour celles de plus de 20 cm
48 . Au
moins trois techniques différentes ont donc pu être mises en œuvre.
• Couteaux prédynastiques égyptiens
Un autre exemple, protohistorique cette fois, est la chaîne opératoire complexe
des couteaux prédynastiques égyptiens de la période gerzéenne (3200 ans avant notre
ère environ)
49 , qui se déroule ainsi : épannelage d'un bloc ou d'une plaquette de silex;
ébauchage puis préparation de la préforme (ces deux dernières opérations au moins par
percussion directe au percuteur tendre); polissage complet de cette préforme qui peut
atteindre 30 cm ; préparation des bords ; retouche par pression (sans doute au cuivre)
d'une face - l'autre reste polie -, qui produit de longs enlèvements parallèles en S (ripple
flakes) dont la fonction esthétique ne fait guère de doute ; fine denticulation de la partie
active.
• Haches polies d'Irian Jaya (Indonésie)
Il existe un remarquable exemple ethnographique de chaînes opératoires de
fabrication de haches ou herminettes polies, en Papouasie-Nouvelle Guinée
50
(fig. 18 :
2). Dans les vallées du centre-ouest d'Irian Jaya, des "lames" de haches, herminettes ou
ciseaux sont encore fabriquées par plusieurs groupes, avec quatre techniques dont
l'agencement varie en fonction des matières premières et des compétences techniques
de chaque groupe : la taille (percussion directe au percuteur de pierre dure ou tendre,
ou sur enclume), le bouchardage, le polissage et le sciage.
47 Hansen, Madsen, 1983.
48 Madsen, 1984.
49 Midant-Reynes, Tixier, 1981; Kelterborn, 1987.
50 Pétrequin, Pétrequin, 1993.
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