Ainsi polyèdres, sphéroïdes et bolas peuvent représenter différents segments d'une
même chaîne opératoire.
D'un point de vue technique, le façonnage polyédrique et sphéroïdal s'effectue
par percussion directe au percuteur dur. La transformation d'un polyèdre en sphéroïde,
ou mieux encore d'un sphéroïde en bola, se fait, on Fa vu, par bouchardage, avec
changement de technique : percussion directe puis bouchardage, les deux s'effectuant à
la pierre. Dans ce cas, on peut considérer le sphéroïde comme une préforme (voir infra).
Contrairement à ce qu'il a souvent été écrit, la fabrication d'un polyèdre n'est pas le
résultat du hasard ou de "blocage" au cours du débitage d'un nucléus par exemple, mais
relève bien d'une méthode nécessitant une maîtrise du façonnage, qu'il n'est pas facile
de réaliser expérimentalement. Et si l'utilisation très contrôlée d'un percuteur peut à la
longue transformer celui-ci en sphère, le façonnage intentionnel des bolas préhistoriques
(et historiques) ne fait guère de doute.
Le façonnage polyédrique et sphéroïdal apparaît très tôt, dès l'Oldowayen, et
perdure tout au long des temps préhistoriques. Mais il est beaucoup moins répandu que
le façonnage bifacial, auquel il s'oppose dans sa conception.
Autres façonnage s
Le façonnage permet d'autres morphologies, comme les objets à section
triangulaire, quadrangulaire, rhomboïdale, etc., qui relèvent de méthodes différentes. Nous
en présentons deux.
• Le façonnage triédrique
Sous le vocable trièdre, pic,
ou pic triédrique,
se rangent des objets à la fois
allongés et robustes, ayant une ou les deux extrémités plus ou moins dégagées pour
former une pointe grossière à section triangulaire, ou encore un étroit ciseau (fig. 17).
Un pic peut être façonné à partir de n'importe quel support. De multiples schémas
de taille sont en fait possibles pour dégager la (ou les) pointe, selon qu'une, voire deux
surfaces (naturelles, ou d'éclatement) sont conservées et servent éventuellement de plan
de frappe, ou bien que les trois pans sont taillés. La base peut demeurer entièrement
naturelle
46 . La technique utilisée est la percussion directe au percuteur dur.
Le pic triédrique, dont la fonction n'est pas établie, n'est pas un objet très courant.
Il existe dès le tout début de l'Acheuléen, sous une forme plus "légère" au Paléolithique
supérieur, et se retrouve au Mésolithique dans l'Asturien.
• Le façonnage "quadrangulaire"
C'est une méthode assez peu répandue, dont le meilleur exemple est certainement
la préforme de la hache dite "à section carrée" (en réalité rectangulaire) du Néolithique
final danois (fig. 18 : 1) - qui est traitée dans le paragraphe suivant - ou encore celle du
sud-est asiatique.
• Le façonnage quadrangulaire concerne essentiellement les préformes, à
l'exception des manches de poignard du Bronze danois, pour lesquels il existe en tant
que tel. Il requiert une très grande maîtrise technique, notamment pour les objets de
grandes dimensions. Un "raté" sur les enlèvements d'ébauchage peut compromettre, de
façon différée mais "irrattrapable", la fin du façonnage ou le polissage.
46 Brézillon, 1968; Leroy-Prost, Dauvois, Leroy, 1981.
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même chaîne opératoire.
D'un point de vue technique, le façonnage polyédrique et sphéroïdal s'effectue
par percussion directe au percuteur dur. La transformation d'un polyèdre en sphéroïde,
ou mieux encore d'un sphéroïde en bola, se fait, on Fa vu, par bouchardage, avec
changement de technique : percussion directe puis bouchardage, les deux s'effectuant à
la pierre. Dans ce cas, on peut considérer le sphéroïde comme une préforme (voir infra).
Contrairement à ce qu'il a souvent été écrit, la fabrication d'un polyèdre n'est pas le
résultat du hasard ou de "blocage" au cours du débitage d'un nucléus par exemple, mais
relève bien d'une méthode nécessitant une maîtrise du façonnage, qu'il n'est pas facile
de réaliser expérimentalement. Et si l'utilisation très contrôlée d'un percuteur peut à la
longue transformer celui-ci en sphère, le façonnage intentionnel des bolas préhistoriques
(et historiques) ne fait guère de doute.
Le façonnage polyédrique et sphéroïdal apparaît très tôt, dès l'Oldowayen, et
perdure tout au long des temps préhistoriques. Mais il est beaucoup moins répandu que
le façonnage bifacial, auquel il s'oppose dans sa conception.
Autres façonnage s
Le façonnage permet d'autres morphologies, comme les objets à section
triangulaire, quadrangulaire, rhomboïdale, etc., qui relèvent de méthodes différentes. Nous
en présentons deux.
• Le façonnage triédrique
Sous le vocable trièdre, pic,
ou pic triédrique,
se rangent des objets à la fois
allongés et robustes, ayant une ou les deux extrémités plus ou moins dégagées pour
former une pointe grossière à section triangulaire, ou encore un étroit ciseau (fig. 17).
Un pic peut être façonné à partir de n'importe quel support. De multiples schémas
de taille sont en fait possibles pour dégager la (ou les) pointe, selon qu'une, voire deux
surfaces (naturelles, ou d'éclatement) sont conservées et servent éventuellement de plan
de frappe, ou bien que les trois pans sont taillés. La base peut demeurer entièrement
naturelle
46 . La technique utilisée est la percussion directe au percuteur dur.
Le pic triédrique, dont la fonction n'est pas établie, n'est pas un objet très courant.
Il existe dès le tout début de l'Acheuléen, sous une forme plus "légère" au Paléolithique
supérieur, et se retrouve au Mésolithique dans l'Asturien.
• Le façonnage "quadrangulaire"
C'est une méthode assez peu répandue, dont le meilleur exemple est certainement
la préforme de la hache dite "à section carrée" (en réalité rectangulaire) du Néolithique
final danois (fig. 18 : 1) - qui est traitée dans le paragraphe suivant - ou encore celle du
sud-est asiatique.
• Le façonnage quadrangulaire concerne essentiellement les préformes, à
l'exception des manches de poignard du Bronze danois, pour lesquels il existe en tant
que tel. Il requiert une très grande maîtrise technique, notamment pour les objets de
grandes dimensions. Un "raté" sur les enlèvements d'ébauchage peut compromettre, de
façon différée mais "irrattrapable", la fin du façonnage ou le polissage.
46 Brézillon, 1968; Leroy-Prost, Dauvois, Leroy, 1981.
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