4.4. Diver s
• Les ruptures simplement amorcées sont à classer dans les accidents de taille,
de même que les "bulbes incipients", les éclats ou lames non totalement détachés.
• Lors de la taille de pièces bifaciales ou du débitage de lames, surtout par
percussion directe au percuteur tendre, l'éclat ou la lame peut emporter, avec son talon,
beaucoup plus de matière que prévu. Il en résulte une partie proximale, avec un talon
très large, un bulbe tout à fait diffus, à profil concave, avec une constriction postbulbaire.
Le négatif ressemble à une large coche clactonienne défigurant le bord de la pièce
bifaciale ou le plan de frappe du nucléus. L'originalité de cet accident tient à ce que la
rupture s'amorce bien au-delà du point d'impact du percuteur. S'ils ne sont pas examinés
minutieusement, ces éclats peuvent être confondus avec une pièce outrepassée. Cet
accident est indépendant de la matière première. C'est le 'Hipped flake"
des auteurs
anglophones.
• Les éclats "parasites"
Il s'agit d'éclats soit complémentaires de celui que l'on veut obtenir (esquillement
du bulbe par exemple, fig. 6), soit supplémentaires ("esquille" provenant, lors du
détachement même d'un éclat par percussion, de la corniche du plan de frappe, donnant
un déchet de section triangulaire, allongé, sans talon ni bulbe).
• Les enlèvements "spontanés"
Il s'agit de ceux qui se produisent dans la fraction de seconde du détachement
d'un éclat, quand celui-ci ne peut tomber librement car le nucléus repose sur une partie
du corps du tailleur (main, pied, cuisse). Il n'est jamais facile de les différencier de
ceux, intentionnels, de la retouche. Ils se présentent le plus souvent sous forme
d'enlèvements courts, en partie distale du support, ou de coches (voire de denticulés)
sur ses bords latéraux
37 .
Une bonne connaissance des accidents de taille est nécessaire :
- à la démarche fondamentale de différenciation entre l'intentionnel et le non
intentionnel ;
- à une meilleure compréhension des gestes techniques, de leur chronologie, des
schémas opératoires mis en œuvre; un burin défiguré par une chute outrepassée peut
être non pas abandonné mais utilisé dans la partie distale du négatif de la chute, comme
surface apte à recevoir un nouveau coup de burin pour obtenir un dièdre par exemple;
- à une meilleure approche des techniques par comparaison avec les expériences
modernes ;
- à une évaluation des niveaux de compétence des tailleurs;
- pour mieux cerner une tradition lorsque les accidents sont liés à des techniques
spéciales.
Des accidents de taille observés par les préhistoriques ont sans doute été à
l'origine d'une maîtrise de ce phénomène, devenant alors intentionnel : la cassure en
microburin ou en microburin "Krukowski" est arrivée à tous ceux qui ont essayé de
faire un bord abattu sur lame. Elle a été systématisée bien avant l'arrivée des microlithes
géométriques, au début du Paléolithique supérieur en Afrique du Nord, dans
l'Ibéromaurusien il y a plus de 20000 ans, pour les pointes de "La Mouillah"
38 .
Uoutrepassage systématique d'éclats Levallois pour l'obtention de hachereaux
de type "Tabelbala"
39 , dernier geste technique de la séquence de débitage, est un aspect
tout à fait original de ces pièces acheuléennes du Sahara occidental et d'Afrique du Sud
pour lesquelles l'accident serait de ne pas outrepasser!
37 Newcomer, 1976.
38 Tixier, 1963 : 106.
39 Tixier, 1956.
38
• Les ruptures simplement amorcées sont à classer dans les accidents de taille,
de même que les "bulbes incipients", les éclats ou lames non totalement détachés.
• Lors de la taille de pièces bifaciales ou du débitage de lames, surtout par
percussion directe au percuteur tendre, l'éclat ou la lame peut emporter, avec son talon,
beaucoup plus de matière que prévu. Il en résulte une partie proximale, avec un talon
très large, un bulbe tout à fait diffus, à profil concave, avec une constriction postbulbaire.
Le négatif ressemble à une large coche clactonienne défigurant le bord de la pièce
bifaciale ou le plan de frappe du nucléus. L'originalité de cet accident tient à ce que la
rupture s'amorce bien au-delà du point d'impact du percuteur. S'ils ne sont pas examinés
minutieusement, ces éclats peuvent être confondus avec une pièce outrepassée. Cet
accident est indépendant de la matière première. C'est le 'Hipped flake"
des auteurs
anglophones.
• Les éclats "parasites"
Il s'agit d'éclats soit complémentaires de celui que l'on veut obtenir (esquillement
du bulbe par exemple, fig. 6), soit supplémentaires ("esquille" provenant, lors du
détachement même d'un éclat par percussion, de la corniche du plan de frappe, donnant
un déchet de section triangulaire, allongé, sans talon ni bulbe).
• Les enlèvements "spontanés"
Il s'agit de ceux qui se produisent dans la fraction de seconde du détachement
d'un éclat, quand celui-ci ne peut tomber librement car le nucléus repose sur une partie
du corps du tailleur (main, pied, cuisse). Il n'est jamais facile de les différencier de
ceux, intentionnels, de la retouche. Ils se présentent le plus souvent sous forme
d'enlèvements courts, en partie distale du support, ou de coches (voire de denticulés)
sur ses bords latéraux
37 .
Une bonne connaissance des accidents de taille est nécessaire :
- à la démarche fondamentale de différenciation entre l'intentionnel et le non
intentionnel ;
- à une meilleure compréhension des gestes techniques, de leur chronologie, des
schémas opératoires mis en œuvre; un burin défiguré par une chute outrepassée peut
être non pas abandonné mais utilisé dans la partie distale du négatif de la chute, comme
surface apte à recevoir un nouveau coup de burin pour obtenir un dièdre par exemple;
- à une meilleure approche des techniques par comparaison avec les expériences
modernes ;
- à une évaluation des niveaux de compétence des tailleurs;
- pour mieux cerner une tradition lorsque les accidents sont liés à des techniques
spéciales.
Des accidents de taille observés par les préhistoriques ont sans doute été à
l'origine d'une maîtrise de ce phénomène, devenant alors intentionnel : la cassure en
microburin ou en microburin "Krukowski" est arrivée à tous ceux qui ont essayé de
faire un bord abattu sur lame. Elle a été systématisée bien avant l'arrivée des microlithes
géométriques, au début du Paléolithique supérieur en Afrique du Nord, dans
l'Ibéromaurusien il y a plus de 20000 ans, pour les pointes de "La Mouillah"
38 .
Uoutrepassage systématique d'éclats Levallois pour l'obtention de hachereaux
de type "Tabelbala"
39 , dernier geste technique de la séquence de débitage, est un aspect
tout à fait original de ces pièces acheuléennes du Sahara occidental et d'Afrique du Sud
pour lesquelles l'accident serait de ne pas outrepasser!
37 Newcomer, 1976.
38 Tixier, 1963 : 106.
39 Tixier, 1956.
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