Chapitre 2
La taill e
La taill e intentionnell e
La finalité de la taille est l'outil au sens large. Les stigmates laissés par la taille
sur les objets lithiques sont les mêmes, qu'ils appartiennent aux premiers hommes ou
qu'ils soient élaborés comme les lames des poignards du Bronze danois du II
e
millénaire,
ou encore qu'ils soient subactuels comme les nombreux briquets des sites archéologiques
islamiques. La lecture technologique de n'importe quel objet lithique taillé sera donc
unique et fondée sur l'observation et la reconnaissance de ces stigmates. Les stigmates
d'enlèvements, négatifs et positifs, permettent seuls de définir un objet taillé. Résultant
d'un choc ou d'une pression, ils obéissent à des lois de la physique et sont identiques
que la taille soit intentionnelle ou non.
Le diagnostic de la taille intentionnelle est fondé avec davantage d'assurance
lorsque les objets sont découverts dans un contexte archéologique bien défini. Au cours
de prospections ou dans le cas de découvertes fortuites, l'organisation des enlèvements
sur les objets est le principal critère à observer pour juger d'une taille intentionnelle.
La présence d'éclats de taille, voire de galets taillés sur une plage par exemple doit
conduire à la prudence, car ils peuvent être le produit d'actions naturelles; en revanche
la découverte d'un seul biface ou d'un nucléus à débitage Levallois peut assurer une
taille intentionnelle : dans ce cas, l'organisation des enlèvements obéit à un agencement
précis qui échappe obligatoirement à une "taille" aléatoire due au hasard de chocs reçus.
Le nombre de pièces trouvées et leur position géologique aident ensuite à déterminer le
contexte et l'éventuelle présence d'un site. Il faut cependant garder en mémoire combien
le diagnostic intentionnel/non intentionnel n'est pas toujours simple à établir, bien que
se posant fréquemment.
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- 30/201

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