4.1 • La déchirure continentale
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
les rifts est-africains, qui se relayent de la mer Rouge au Zambèze. En
Europe, il existe un autre système de rifts, sans doute moins spectaculaire
mais certainement plus familier, auquel appartient le rift du Rhin (la
plaine d’Alsace, les Vosges et la Forêt Noire). Bien que ce rift soit peu
évolué par rapport aux rifts africains, il est souvent pris comme exemple.
a) Avant d’analyser le phénomène du rifting et de la rupture continentale, il est utile de décrire le rift. En surface, celui-ci comprend un fossé
d’effondrement, généralement bordé par deux «épaules» où l’on peut
distinguer les crêtes et les flancs (fig. 4.2). La largeur du fossé central (en
allemand, Graben) varie entre 30 et 100 ou 200 km. C’est un lieu d’amincissement crustal et de subsidence active (subsidence «initiale»: cf.
chap. III, § 3.2), souvent occupé par un bras de mer ou par un lac, parfois
entièrement comblé par des sédiments comme en Alsace. De chaque côté,
les crêtes (le sommet des épaules) forment des reliefs de 1 500 à 2 000 m
d’altitude (les Vosges, la Forêt Noire), et occupent des surfaces comparables à celle du fossé central. Sur le versant situé du côté de l’axe du rift, la
pente est raide (10%): c’est le bord faillé du fossé, où des blocs crustaux
affaissés constituent de gigantesques marches d’escalier, parfois visibles
dans le paysage, mais le plus souvent enfouies sous les eaux ou sous les
sédiments. Entre la ligne de crête et le tréfonds enfoui du fossé, la dénivellation peut ainsi atteindre 4 à 5 km ou davantage (4 km en Alsace, dont
les 2,5 km de remplissage sédimentaire du fossé rhénan). Au contraire la
pente est douce (quelques degrés) sur le versant du relief opposé au fossé.
Les blocs crustaux affaissés et enfouis sous le fossé central sont séparés
les uns des autres par des failles d’effondrement appelées «failles
normales». Chaque bloc est en général basculé du côté opposé à l’axe du
rift (fig. 4.2). Ce mouvement est généralement expliqué par la courbure
des failles, dont l’inclinaison (on dit: le pendage) est plus proche de la
verticale en surface (60°) qu’en profondeur (50° à 40°), à proximité du
niveau ductile de la croûte. Les blocs les plus vastes mesurent une quinzaine de kilomètres de largeur, et jusqu’à une centaine de kilomètres de
longueur. Mais il en existe de plus petits. En fait, les grands blocs
décakilométriques sont divisés en blocs kilométriques, et quand on observe
sur le terrain les roches constituant ces blocs, on peut voir des failles
métriques qui dessinent en miniature les grandes fractures façonnant le
rift tout entier. C’est donc à toutes les échelles que l’extension horizontale
provoquée par la divergence des plaques à ses débuts imprime sa marque.
Ces observations concernent la partie tout à fait superficielle de la
lithosphère (la croûte continentale supérieure fragile, entre la surface et
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
les rifts est-africains, qui se relayent de la mer Rouge au Zambèze. En
Europe, il existe un autre système de rifts, sans doute moins spectaculaire
mais certainement plus familier, auquel appartient le rift du Rhin (la
plaine d’Alsace, les Vosges et la Forêt Noire). Bien que ce rift soit peu
évolué par rapport aux rifts africains, il est souvent pris comme exemple.
a) Avant d’analyser le phénomène du rifting et de la rupture continentale, il est utile de décrire le rift. En surface, celui-ci comprend un fossé
d’effondrement, généralement bordé par deux «épaules» où l’on peut
distinguer les crêtes et les flancs (fig. 4.2). La largeur du fossé central (en
allemand, Graben) varie entre 30 et 100 ou 200 km. C’est un lieu d’amincissement crustal et de subsidence active (subsidence «initiale»: cf.
chap. III, § 3.2), souvent occupé par un bras de mer ou par un lac, parfois
entièrement comblé par des sédiments comme en Alsace. De chaque côté,
les crêtes (le sommet des épaules) forment des reliefs de 1 500 à 2 000 m
d’altitude (les Vosges, la Forêt Noire), et occupent des surfaces comparables à celle du fossé central. Sur le versant situé du côté de l’axe du rift, la
pente est raide (10%): c’est le bord faillé du fossé, où des blocs crustaux
affaissés constituent de gigantesques marches d’escalier, parfois visibles
dans le paysage, mais le plus souvent enfouies sous les eaux ou sous les
sédiments. Entre la ligne de crête et le tréfonds enfoui du fossé, la dénivellation peut ainsi atteindre 4 à 5 km ou davantage (4 km en Alsace, dont
les 2,5 km de remplissage sédimentaire du fossé rhénan). Au contraire la
pente est douce (quelques degrés) sur le versant du relief opposé au fossé.
Les blocs crustaux affaissés et enfouis sous le fossé central sont séparés
les uns des autres par des failles d’effondrement appelées «failles
normales». Chaque bloc est en général basculé du côté opposé à l’axe du
rift (fig. 4.2). Ce mouvement est généralement expliqué par la courbure
des failles, dont l’inclinaison (on dit: le pendage) est plus proche de la
verticale en surface (60°) qu’en profondeur (50° à 40°), à proximité du
niveau ductile de la croûte. Les blocs les plus vastes mesurent une quinzaine de kilomètres de largeur, et jusqu’à une centaine de kilomètres de
longueur. Mais il en existe de plus petits. En fait, les grands blocs
décakilométriques sont divisés en blocs kilométriques, et quand on observe
sur le terrain les roches constituant ces blocs, on peut voir des failles
métriques qui dessinent en miniature les grandes fractures façonnant le
rift tout entier. C’est donc à toutes les échelles que l’extension horizontale
provoquée par la divergence des plaques à ses débuts imprime sa marque.
Ces observations concernent la partie tout à fait superficielle de la
lithosphère (la croûte continentale supérieure fragile, entre la surface et
