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II • Océan et continent
Cette interprétation des anomalies magnétiques implique donc la
présence de basalte et de gabbro au toit de la lithosphère océanique, c’està-dire une production de magma par fusion partielle des roches du manteau
à la frontière des plaques divergentes. La serpentinisation, l’autre mécanisme de formation de la croûte océanique, peut-elle enregistrer les inversions du champ magnétique terrestre? La question n’a pas encore de
réponse unanime aujourd’hui. Certes, la serpentinisation des péridotites
s ‘accompagne de la formation de magnétite «secondaire» qui peut jouer
le même rôle que la magnétite «primaire» des basaltes et des gabbros.
Mais la serpentinisation est un phénomène plus lent et plus diffus que la
cristallisation complète ou partielle des roches magmatiques à l’axe des
dorsales; même si les serpentinites subissent une aimantation par le champ
magnétique terrestre au moment de leur formation aux dépens des péridotites du manteau, il n’est pas sûr qu’elles puissent enregistrer de façon
«lisible» les inversions du champ magnétique terrestre.
En réalité, une faible contribution magmatique (une faible ou très faible
fusion des roches du manteau) suffit à enregistrer la polarité magnétique
du moment. Or, on sait que des venues basaltiques se produisent épisodiquement à l’axe des dorsales même en cas d’ouverture océanique lente.
Les seules régions à croûte océanique où semblent manquer complètement les basaltes sont situées en bordure des continents, au pied des
marges continentales passives (chap. IV, § 4.3), où ne s’observent effectivement que de rares anomalies magnétiques associées à des épanchements
volcaniques localisés. Ces régions «magnétiquement calmes» correspondent
en fait au tout début de l’ouverture océanique, quand la vitesse d’écartement des plaques était encore extrêmement lente, et la production
magmatique par conséquent insignifiante. Elles pourraient correspondre à
des régions où le fond sous-marin est constitué presque exclusivement de
serpentinites. Ces régions ne doivent toutefois pas être confondues avec
les autres zones magnétiquement calmes dont il a été question précédemment, c’est-à-dire les surfaces océaniques créées pendant un laps de temps
où ne s’est produit aucune inversion du champ magnétique, et qui sont,
pour cette raison, elles aussi dépourvues d’anomalies.
2.3 LA LITHOSPHÈRE CONTINENTALE
La structure de la lithosphère continentale, comme celle de la lithosphère
océanique, est connue à la fois par l’auscultation géophysique (notamment par la sismique) et par les échantillons prélevés par les géologues sur
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