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II • Océan et continent
Dans les océans actuels, les sources hydrothermales sont aussi un lieu de
vie intense, où les chaînes alimentaires, des bactéries aux grands mollusques, ont pour point de départ la chimiosynthèse et non pas, comme
partout ailleurs ou presque sur le globe, la photosynthèse. Enfin, la fraction
des sels dissous des eaux hydrothermales qui reste en solution dans l’eau de
mer contribue bien évidemment à la salinité de l’océan global.
Il n’existe donc pas un seul type de croûte océanique. La simplicité
structurale suggérée par la sismique est trompeuse: des terrains de nature
différente (basaltes, gabbros, péridotites plus ou moins serpentinisées)
peuvent transmettre les ondes sismiques avec les mêmes vitesses. Et dans
la nature, tous les intermédiaires existent entre les deux types de croûte
qui viennent d’être décrits: l’océan Pacifique à ouverture rapide possède
une croûte d’origine essentiellement magmatique, tandis que l’Atlantique, dont l’ouverture est plus lente, montre à l’affleurement près de l’axe
de la dorsale un mélange en proportion variable de roches magmatiques et
de péridotites serpentinisées.
c) Cette double nature de la croûte océanique pose indirectement le
problème de l’origine des anomalies magnétiques dans les océans: comment
expliquer la présence ubiquiste de ces anomalies si la croûte océanique
n’est pas formée partout des mêmes terrains?
On admet en effet que les anomalies du champ magnétique observées
dans les océans sont associées au basalte et au gabbro de la croûte océanique. Quand le magma basaltique se refroidit en dessous de la «température de Curie» (580 °C pour la magnétite, le principal minéral porteur de
l’aimantation des roches), certaines parties des minuscules cristaux riches
en fer qu’il contient s’aimantent dans le sens du champ magnétique
terrestre. Ils conservent ensuite leur aimantation, qui est en quelque sorte
la mémoire du champ magnétique au moment du refroidissement de la
croûte océanique d’origine magmatique. Or, on sait maintenant que ce
champ s’est fréquemment inversé au cours de l’histoire géologique des
océans: à certains moments, le nord magnétique était proche comme de
nos jours du Nord géographique; à d’autres époques, il était au contraire
voisin du pôle Sud géographique. De sorte que l’aimantation du basalte
change de polarité selon l’époque à laquelle il s’est figé. Cette aimantation
à son tour induit localement un champ magnétique, certes très faible mais
mesurable, qui s’ajoute (aimantation «normale») ou se retranche (aimantation inverse) au champ magnétique terrestre actuel. D’où les «anomalies» positives ou négatives de ce champ mesurées dans les océans: les
surfaces océaniques où les anomalies magnétiques sont de même sens
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