4.3 • La rupture continentale et les marges continentales passives
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4.3 LA RUPTURE CONTINENTALE ET LES DIFFÉRENTES
SORTES DE MARGES CONTINENTALES PASSIVES
(fiches 4.4 à 4.6)
a) D’après ce qui précède, on peut tout d’abord distinguer les rifts continentaux et les marges continentales passives d’après l’intensité du volcanisme qui s’y produit: il y a ceux et celles où les manifestations
magmatiques superficielles sont rares, et où les structures extensives
restent apparentes; ce sont les rifts et les marges passives «non volcaniques» (fig. 4.2). Au contraire, les rifts et marges «volcaniques» comportent un empilement très épais de coulées basaltiques sous les sédiments
post-rift (fig. 4.6). En première approximation, les marges passives non
volcaniques correspondent à un rifting passif lent (durée de l’ordre de
vingt à trente millions d’années); les marges passives volcaniques à un
rifting passif rapide ou bien à un rifting actif.
Dans le cas des marges passives non volcaniques, la cicatrice de la rupture
continentale (la frontière crustale continent-océan) peut correspondre à
l’intersection d’une ancienne «faille de détachement» avec la surface lithosphérique où la croûte continentale amincie de la marge est mise en contact
avec les terrains mantelliques recouverts ou non par une mince couche
basaltique (fig. 4.4 C; fiche 4.9). Dans le cas des marges volcaniques, la
frontière continent-océan est recouverte par une couche volcanique très
épaisse, qui masque la cicatrice de la rupture continentale (fig. 4.6).
b) Une autre façon de classer les rifts et les marges passives est de tenir
compte des mouvements lithosphériques à l’origine de leur naissance. La
déchirure continentale en effet peut se produire soit dans des zones de
divergence lithosphérique (le rift proprement dit), soit dans des zones où
deux plaques coulissent horizontalement l’une contre l’autre sans s’écarter
ni se rapprocher (les failles transformantes intracontinentales). D’où la
distinction des marges passives d’arrachement (ou de divergence), et des marges
passives de coulissement (ou encore: marges transformantes; fig. 4.7).
Tout ce qui précède, en effet (§ 4.1 et 4.2) concerne les effets de la divergence de deux plaques et les marges passives d’arrachement. Lorsque c’est
un mouvement de coulissement lithosphérique qui est à l’origine de la
marge, sa structure est très différente. Dans le premier stade de l’évolution
(fig. 4.7 A et B), le frottement entre les lithosphères continentales (amincies ou non) des deux plaques qui se séparent entraîne la déformation
d’une bande lithosphérique d’au moins 20 à 40 km de largeur, et diverses
structures apparaissent: des décrochements, des plis, des failles inverses
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