4.2 • Rifting « actif » et rifting « passif »
93
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
collision (chap. V, § 5.3; fig. 5.10; c’est le cas du rift Baïkal). Enfin, il est
possible que la divergence des plaques soit l’effet des mouvements asthénosphériques, qui entraînent en sens opposé les plaques lithosphériques à
partir de l’endroit où divergent deux cellules de convection (fig. 1.7).
b) On parle de rifting actif quand c’est au contraire la poussée de
l’asthénosphère qui amincit, fragilise et finalement rompt la lithosphère
formant couvercle au-dessus d’elle. Le phénomène est favorisé, on s’en
souvient, par la différence de densité entre l’asthénosphère et le manteau
lithosphérique: la première étant un peu moins dense (d = 3,25) que le
second (d = 3,3), elle a tendance à migrer vers la surface. Le phénomène
toutefois ne peut prendre de l’ampleur que lorsque l’asthénosphère est
portée à une température relativement élevée (1 400 °C ou davantage),
ce qui accroît sa mobilité tout en augmentant la différence de densité avec
le manteau lithosphérique. Pour cela, il faut donc imaginer une source de
chaleur située en profondeur.
Le rifting actif est en réalité associé à des phénomènes qui intéressent le
manteau tout entier. Les géochimistes ont montré que la source des
magmas dont ils étudient les témoins volcaniques superficiels dans les
rifts actifs est souvent à rechercher à grande profondeur, probablement
au contact noyau-manteau (fig. 4.5 et fiche 1.7). De là s’échappent vers la
surface d’énormes bulles faites de terrains mantelliques chauds et relativement peu denses (on dit: «des panaches»), qui atteignent la lithosphère en
des lieux particulier nommés «points chauds». La rupture continentale
et l’ouverture océanique sont dans ce cas des conséquences de l’impact du
panache sur la lithosphère, d’où l’expression «rifting actif».
Figure 4.4 Rift continental où agissent simultanément
plusieurs zones de cisaillement conjuguées (F 1 , F 2 , F 3 ) enracinées
dans le manteau ductile et dans la croûte inférieure ductile.
Ce schéma, construit d’après des expériences sur modèles réduits
conduites en laboratoire, est sans doute plus proche de la réalité que
celui des figures 3.6 et 4.3, B; mais il est probable que les choses soient
plus complexes encore, de multiples zones de cisaillement conjuguées
contribuant à l’amincissement lithosphérique. A = avant extension;
B = pendant l’extension; C = après la rupture continentale; D = schéma
des zones de cisaillement conjuguées. Par souci de simplification graphique, les zones de cisaillement, qui occupent un certain volume, ont été
figurées comme de simples failles sans épaisseur.
93
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
collision (chap. V, § 5.3; fig. 5.10; c’est le cas du rift Baïkal). Enfin, il est
possible que la divergence des plaques soit l’effet des mouvements asthénosphériques, qui entraînent en sens opposé les plaques lithosphériques à
partir de l’endroit où divergent deux cellules de convection (fig. 1.7).
b) On parle de rifting actif quand c’est au contraire la poussée de
l’asthénosphère qui amincit, fragilise et finalement rompt la lithosphère
formant couvercle au-dessus d’elle. Le phénomène est favorisé, on s’en
souvient, par la différence de densité entre l’asthénosphère et le manteau
lithosphérique: la première étant un peu moins dense (d = 3,25) que le
second (d = 3,3), elle a tendance à migrer vers la surface. Le phénomène
toutefois ne peut prendre de l’ampleur que lorsque l’asthénosphère est
portée à une température relativement élevée (1 400 °C ou davantage),
ce qui accroît sa mobilité tout en augmentant la différence de densité avec
le manteau lithosphérique. Pour cela, il faut donc imaginer une source de
chaleur située en profondeur.
Le rifting actif est en réalité associé à des phénomènes qui intéressent le
manteau tout entier. Les géochimistes ont montré que la source des
magmas dont ils étudient les témoins volcaniques superficiels dans les
rifts actifs est souvent à rechercher à grande profondeur, probablement
au contact noyau-manteau (fig. 4.5 et fiche 1.7). De là s’échappent vers la
surface d’énormes bulles faites de terrains mantelliques chauds et relativement peu denses (on dit: «des panaches»), qui atteignent la lithosphère en
des lieux particulier nommés «points chauds». La rupture continentale
et l’ouverture océanique sont dans ce cas des conséquences de l’impact du
panache sur la lithosphère, d’où l’expression «rifting actif».
Figure 4.4 Rift continental où agissent simultanément
plusieurs zones de cisaillement conjuguées (F 1 , F 2 , F 3 ) enracinées
dans le manteau ductile et dans la croûte inférieure ductile.
Ce schéma, construit d’après des expériences sur modèles réduits
conduites en laboratoire, est sans doute plus proche de la réalité que
celui des figures 3.6 et 4.3, B; mais il est probable que les choses soient
plus complexes encore, de multiples zones de cisaillement conjuguées
contribuant à l’amincissement lithosphérique. A = avant extension;
B = pendant l’extension; C = après la rupture continentale; D = schéma
des zones de cisaillement conjuguées. Par souci de simplification graphique, les zones de cisaillement, qui occupent un certain volume, ont été
figurées comme de simples failles sans épaisseur.
