Introduction générale
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Introduction
De nombreuses régions du monde manquent de ressources en eau douce suffisantes pour la
production d’eau potable, un phénomène exacerbé par la croissance démographique et
l’augmentation de la production industrielle (Mehtougui et al., 2015). L’eau, étant une ressource
essentielle à la vie, est devenue une denrée de plus en plus précieuse à l’échelle mondiale. On
estime qu’environ 60 % de la population mondiale sera confrontée à une pénurie d’eau d’ici
2025, contre 40 % en 2018 (Darre & Toor, 2018). Face à cette situation, le dessalement émerge
comme la principale solution pour produire de l’eau potable dans les régions où l’eau douce est
rare. Malgré les difficultés économiques rencontrées il y a une décennie, le marché du
dessalement continue de croître. En effet, environ 97 % de l’eau sur Terre est salée, ce qui
souligne l’importance de cette technologie pour compenser le manque d’eau douce dans les
grandes agglomérations (Mehtougui, 2015). Selon le rapport de « l’International Desalination
Association » (IDA, 2021), il y a environ 19 744 usines de dessalement dans le monde, avec une
capacité de production quotidienne d'environ 91,4 millions de m³.
L’Algérie figure parmi les pays identifiés par la Banque mondiale comme étant confrontés à des
niveaux critiques de pénurie d’eau (Livet, 2007). Cette situation nécessite non seulement la
mobilisation de nouvelles ressources, mais aussi la gestion rationnelle de l’eau et le
développement de solutions non conventionnelles telles que le dessalement (Benaissa et al.,
2020). En 2002, le gouvernement algérien a lancé un programme d’urgence pour le dessalement
(Drouiche et al., 2011), qui a conduit à la création de onze stations de dessalement à grande
échelle avec une capacité installée de 2,1 millions de m³ d’eau par jour (Amokrane & Salmi,
2021). En réponse aux pénuries d’eau de 2020, un plan d’urgence a été mis en œuvre en 2021
pour construire trois nouvelles stations de dessalement dans la capitale, chacune ayant une
capacité de traitement de 150 000 m³ par jour (AEC, 2021).
Malgré ses avantages, la technologie de dessalement présente également divers inconvénients
techniques, tels que le tartre, le colmatage et la corrosion. De plus, elle engendre des
conséquences environnementales importantes, notamment une augmentation de la salinité qui
peut affecter les espèces sensibles au sel et perturber l'équilibre écologique (PNUE, 2001).
L’empreinte carbone est une mesure de l'impact des activités humaines sur le climat, exprimée
en équivalent dioxyde de carbone (CO₂). Calculer l’empreinte carbone permet de quantifier les
émissions de gaz à effet de serre associées à un processus ou une activité spécifique. Pour les
stations de dessalement, cette évaluation est cruciale pour identifier les principales sources
d’émissions et mettre en œuvre des stratégies visant à réduire leur impact environnemental tout
en améliorant leur durabilité économique. Une telle démarche est essentielle pour atténuer les
effets négatifs du dessalement sur le climat et favoriser une transition vers des pratiques plus
respectueuses de l’environnement (IPCC, 2021).
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