INTRODUCTION
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INTRODUCTION
La Méditerranée est un hot spot de biodiversité qui ne représente que 0,8% des océans mais
abrite 4 à 18% de la diversité marine mondiale (Bianchi and Morri, 2000; Tuel and Eltahir,
2020; UNEP-MAP-RAC, 2008). Cependant, cette mer est aussi considérée depuis longtemps
comme une des plus polluées au monde (Hinrichsen, 1990) où 33 points hot spot sont
enregistrés (UNEP, 2012). Les importantes activités humaines des 21 pays qui la bordent
(urbanisation, tourisme, agriculture, industrie, transport maritime aquaculture) y induisent des
apports significatifs de polluants par les fleuves et rivières, mais aussi par les effluents directs,
les eaux souterraines, les dépôts atmosphériques et les activités maritimes ou encore le lessivage
des zones littorales par les pluies. Les éléments traces métalliques (ETM) ont une place
particulièrement importante dans le grand nombre de polluants organiques et inorganiques déjà
observé en Méditerranée, car ils comptent parmi les plus souvent détectés, à cause de leur
utilisation sur l’ensemble du pourtour méditerranéen et de l’historique de leur extraction et
traitement qui remontent aux premières civilisations.
La toxicité de certains de ces ETM pour les écosystèmes marins est connue depuis plusieurs
années, et le fait est que le Méditerranée a déjà fait l’objet de mesures/lois/initiatives
environnementales pour restreindre leurs apports. Le Plan d’action pour la Mediterranée (PAM)
signé en 1975 et la Convention de Barcelona (1976) faisait référence à ceci, et l’initative
Horizon 2020 (H2020) a récemment encore souligné le besoin de réduction de ces apports. La
Méditerranée est aussi soumise à plusieurs législations européennes prenant en compte la
pollution, telle que la Directive Cadre pour la Stratégie Marine (MSFD; 2008/56/EC). Enfin,
l’Initiative pour l’Approche Écosystémique (EcAP) qui cherche à développer l’approche
écosystémique pour définir le bon état environnemental de cette mer, souligne-t-elle aussi le
besoin toujours d’actualité de connaissance de ces polluants et de leur niveau.
Pourtant, en dépit de ces préoccupations et de demandes sociétales de plus en plus fortes pour
un environnement sain, l’UNEP notait récemment qu’il y existe toujours un manque flagrant
de connaissances sur l’impact des polluants, dont les métaux, sur les écosystèmes marins
méditerranéens (UNEP/MAP 2012). Une des principales raisons avancées est celle d’une
distribution spatiale des études très hétérogènes : très peu de travaux ont été publiés sur la rive
sud de la Méditerranée, et encore moins sur une des sources polluantes en très fort
développement ces dernières années : les métropoles côtières.
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