INTRODUCTION
En méditerranée, les herbiers à Posidonia oceanica (L.) Delile sont les plus répandus
des magnoliophytes marines. Ils colonisent la quasi-totalité des côtes méditerranéennes
et occupent une surface estimée de 25 000 à 50 000 km2, soit 2 % de la surface totale de la mer
Méditerranée (Pasqualini et al., 1998). Cependant, ils ont fortement régressé au cours du 20ème
siècle en raison des perturbations anthropiques et naturelles (Boudouresque et al., 2006a).
L’herbier de la Baie de la Revellata (Calvi) est très dense, caractérisé par une production
et une biomasse élevée, et présente des fluctuations biométriques saisonnières et interannuelles
marquées. Toutefois, par rapport à 1975, il a gardé ses caractéristiques biométriques (Gobert.,
2002). Posidonia oceanica (L.) Delile est un bio-indicateur par excellence, étant une espèce
sessile à large distribution, facile à prélever et qui accumule des contaminants à des teneurs
élevées. Elle est résistante à la pollution et reflète l'état de contamination de l’eau et de sédiment
(Pergent-Martini et Pergent., 2000). Elle a été largement utilisée pour la bio-surveillance
des éléments traces (ETs) (Pergent-Martini et Pergent., 2000 ; Luy et al., 2012 ; Richir et al., 2013
; 2015). Cependant, l’étude de l’accumulation de ces éléments, principalement dans
les rhizomes de Posidonia oceanica (L.) Delile n’a pas fait l'objet d’un grand nombre
de publications récemment. Les études qui existent sont soit issues d'une étude expérimentale (par
exemple celle de Richir et al., 2013), soit avaient pour objectif principal la caractérisation
et la compartimentalisation des éléments traces sans mettre en question leurs cinétiques
d'accumulation (Sanz-Làzaro et al., 2012 ; Richir et al., 2013 ; Guendouzi et al., 2015).
Dans ce contexte, ce travail a été réalisé dans le cadre de mon stage de fin d'études au laboratoire
d'océanologie de l'université de Liège, en collaboration avec l'unité de recherche
en océanographie chimique de la même université. Ce travail avait pour objectifs :
(1) Etudier l’évolution temporelle (hebdomadaire à bimensuelle) et bathymétrique
des paramètres biométriques des faisceaux de feuilles de Posidonia oceanica (L.) Delile en baie
de Calvi, en relation avec le cycle saisonnier des paramètres environnementaux de température
et de lumière, puis mesurer, dans ces mêmes faisceaux de feuille, les teneurs en ETs pour
en définir la dynamique naturelle fine en un site préservé.
(2) Pour des raisons techniques qui ont empêché l'analyse des échantillons préparés pour
l'objectif (1), la seconde partie de ce travail avait pour objectif l'analyse d'un jeu de données
existant de teneurs en ETs dans les rhizomes de Posidonia oceanica (L.) Delile prélevés
en différents sites à différentes périodes, afin d'étudier leur évolution spatiale et temporelle.
2
Précédent

Biométrie foliaire de posidonia océanica (L) delile et bioaccumulation des éléments traces dans ses rhizomes - 11/49

Suivant