Introduction générale
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Depuis toujours, l'humanité est attirée par la frange côtière, les activités humaines s'y
concentrant fortement en raison de l'abondance des ressources qu'elle offre (Hallegatte et al.,
2013; Hinkel et al., 2013; Small and Nicholls, 2003). Aujourd'hui, plus de 60 % de la population
mondiale réside à moins de 150 km du littoral et 15 des 20 mégapoles du monde sont situées
dans la zone côtière (Cohen et al., 1997; Hoegh-Guldberg et al., 2018). L'Algérie n'a pas fait
l'exception puisqu'elle possède un littoral de 1622 km dont la bande représente 1,9% du
territoire national sur lequel se concentre 37% de la population (Ministry of the environment
and PAP RAC/PAM, 2015).
Une des préoccupations majeures concernant l’évolution du littoral porte sur la mobilité du
rivage. Parmi une grande variété de littoraux (falaises, îles-barrières, estuaires, lagunes ... etc.),
les côtes sableuses constituent une fraction importante des littoraux existant sur Terre (Latapy,
2020). A l’échelle planétaire, les travaux de (Bird, 1985) ont montré que les plages sableuses
représentent 20% du linéaire côtier et que parmi ces plages, 70% d’entre elles enregistrent de
l’érosion. Les travaux de (Luijendijk et al., 2018) ont, par la suite, montré que 24% des côtes
sableuses subissent une érosion avec des vitesses de recul excédant 0.5 m.an
-1 . Parmi
l’ensemble des solutions mises en œuvre pour gérer ces phénomènes d’érosion qui constituent
un risque dès lors que des enjeux sont menacés, les propositions visant à une meilleure
appréciation des stocks sédimentaires côtiers, en particulier sous-marins, et à leur gestion sont
évoquées (Jabbar, 2017).
La côte algéroise, notamment les plages de la baie d’Alger, n’échappe pas à ce phénomène,
de nombreux aménagements ont été installés le long du rivage, particulièrement depuis le début
des années 2000, pour palier et contrer les attaques de la mer, sachant par ailleurs que cet endroit
est très attractif pour les estivants et que la quasi-totalité de la partie occidentale de cette baie
est dominée par des structures rocheuses.
Les plages de sable et de gravier agissent naturellement comme un tampon côtier (Stive et
al., 2002), absorbant l'énergie des vagues et s'adaptant dynamiquement aux climats saisonniers
et à long terme des vagues. À court et moyen terme (saisons à années), on peut s'attendre à des
changements significatifs dans la morphologie du littoral lors d'événements extrêmes (tempêtes
uniques ou groupes de tempêtes), entraînant le recul des plages intertidales et l’érosion des
systèmes dunaires (Splinter and Palmsten, 2012). Les vagues plus fortes et les tempêtes plus
fréquentes qui se produisent pendant les mois d'hiver sont responsables du recul des plages,
tandis que les conditions plus calmes favorisent la progradation du littoral (Splinter et al., 2012).
Les événements morphogénétiques de haute intensité conduisent à des changements morphosédimentaires importants, sachant que ces événements représentent des impacts à court terme,
mais font partie d'un processus à long terme qui est essentiellement caractérisé par un bilan
sédimentaire positif (Suanez and Stéphan, 2011). De plus, la longueur de fetch joue un rôle
essentiel dans le transport des sédiments dans des conditions de beau temps en été (Li et al.,
2020).
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