Jules Verne and the Discovery of the Natural World
157
of fiction through his extension of it into new and ostensibly unfictional discourses. In so doing, he provides us not only with a broad series of “histoires de la terre”, but also gives us “la terre en histoires”,
literally turning the globe into text and fiction.
Before homing in on the Voyages extraordinaires, though, and
by way of contextualizing Verne’s approach, I want to refer to two
other, slightly different examples of nineteenth-century novelists’ uses
of the “discovery” of the natural world. The first, Balzac’s eulogy of
Cuvier from the opening stages of La Peau de chagrin, represents an
early incursion of palaeontology into fiction; the second is a pantheistic description of nature in Flaubert’s 1842 novel Novembre (one of
several such passages in his early writings). As I shall argue, both
writers use nature, in their very different ways, specifically to position
themselves as artists and novelists.
This is the passage from Balzac:
Vous êtes-vous jamais lancé dans l’immensité de l’espace et du temps, en lisant les
œuvres géologiques de Cuvier? Emporté par son génie, avez-vous plané sur l’abîme
sans bornes du passé, comme soutenu par la main d’un enchanteur? En découvrant
de tranche en tranche, de couche en couche, sous les carrières de Montmartre ou
dans les schistes de l’Oural, ces animaux dont les dépouilles fossilisées
appartiennent à des civilisations antédiluviennes, l’âme est effrayée d’entrevoir des
milliards d’années, des millions de peuples que la faible mémoire humaine, que
l’indestructible tradition divine ont oubliés et dont la cendre, entassée à la surface de
notre globe, y forme les deux pieds de terre qui nous donnent du pain et des fleurs.
Cuvier n’est-il pas le plus grand poète de notre siècle? […] Il réveille le néant sans
prononcer des paroles artificiellement magiques, il fouille une parcelle de gypse, y
aperçoit une empreinte, et vous crie: “Voyez!” Soudain les marbres s’animalisent, la
mort se vivifie, le monde se déroule!
2
And this is the passage from Flaubert:
L’esprit de Dieu me remplissait, je me sentais le cœur grand, j’adorais quelque chose
d’un étrange mouvement, j’aurais voulu m’absorber dans la lumière du soleil et me
perdre dans cette immensité d’azur, avec l’odeur qui s’élevait de la surface des flots;
et je fus pris alors d’une joie insensée, et je me mis à marcher comme si tout le
bonheur des cieux m’était entré dans l’âme. [...] Et je compris alors tout le bonheur
de la création et toute la joie que Dieu y a placée pour l’homme; la nature m’apparut
belle comme une harmonie complète, que l’extase seule doit entendre; quelque
chose de tendre comme un amour et de pur comme la prière s’éleva pour moi du
___________________________
2 Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, in La Comédie humaine, 11 vols (Paris:
Gallimard, 1979), X, p. 74-75.
157
of fiction through his extension of it into new and ostensibly unfictional discourses. In so doing, he provides us not only with a broad series of “histoires de la terre”, but also gives us “la terre en histoires”,
literally turning the globe into text and fiction.
Before homing in on the Voyages extraordinaires, though, and
by way of contextualizing Verne’s approach, I want to refer to two
other, slightly different examples of nineteenth-century novelists’ uses
of the “discovery” of the natural world. The first, Balzac’s eulogy of
Cuvier from the opening stages of La Peau de chagrin, represents an
early incursion of palaeontology into fiction; the second is a pantheistic description of nature in Flaubert’s 1842 novel Novembre (one of
several such passages in his early writings). As I shall argue, both
writers use nature, in their very different ways, specifically to position
themselves as artists and novelists.
This is the passage from Balzac:
Vous êtes-vous jamais lancé dans l’immensité de l’espace et du temps, en lisant les
œuvres géologiques de Cuvier? Emporté par son génie, avez-vous plané sur l’abîme
sans bornes du passé, comme soutenu par la main d’un enchanteur? En découvrant
de tranche en tranche, de couche en couche, sous les carrières de Montmartre ou
dans les schistes de l’Oural, ces animaux dont les dépouilles fossilisées
appartiennent à des civilisations antédiluviennes, l’âme est effrayée d’entrevoir des
milliards d’années, des millions de peuples que la faible mémoire humaine, que
l’indestructible tradition divine ont oubliés et dont la cendre, entassée à la surface de
notre globe, y forme les deux pieds de terre qui nous donnent du pain et des fleurs.
Cuvier n’est-il pas le plus grand poète de notre siècle? […] Il réveille le néant sans
prononcer des paroles artificiellement magiques, il fouille une parcelle de gypse, y
aperçoit une empreinte, et vous crie: “Voyez!” Soudain les marbres s’animalisent, la
mort se vivifie, le monde se déroule!
2
And this is the passage from Flaubert:
L’esprit de Dieu me remplissait, je me sentais le cœur grand, j’adorais quelque chose
d’un étrange mouvement, j’aurais voulu m’absorber dans la lumière du soleil et me
perdre dans cette immensité d’azur, avec l’odeur qui s’élevait de la surface des flots;
et je fus pris alors d’une joie insensée, et je me mis à marcher comme si tout le
bonheur des cieux m’était entré dans l’âme. [...] Et je compris alors tout le bonheur
de la création et toute la joie que Dieu y a placée pour l’homme; la nature m’apparut
belle comme une harmonie complète, que l’extase seule doit entendre; quelque
chose de tendre comme un amour et de pur comme la prière s’éleva pour moi du
___________________________
2 Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, in La Comédie humaine, 11 vols (Paris:
Gallimard, 1979), X, p. 74-75.
