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Effets secondaires des médicaments
Effets nocifs pour l'enfant de la prise
de médicaments pendant la grossesse
et l'allaitement
Les substances absorbées par la mère
peuvent atteindre l'enfant et produire
des effets indésirables.
Grossesse (A). Ce sont surtout les
malformations des membres provoquées par un somnifère (la thalidomide)
qui ont attiré l'attention sur le risque
que les médicaments peuvent provoquer des malformations (tératogénicité). Les effets provoqués chez le
fœtus par les médicaments peuvent être
de deux types :
1. Les effets qui dérivent des effets typiques des molécules. Par
exemple : masculinisation d'un fœtus
féminin par les androgènes, hémorragie
cérébrale provoquée par les anticoagulants oraux, bradycardie en présence de
P-bloquants.
2. Les effets propres aux organismes en formation et qui ne peuvent
être prévus à partir des autres propriétés
pharmacologiques de la substance.
Pour estimer le risque que peut représenter la prise d'un médicament durant la grossesse, il faut tenir compte
des points suivants :
a) Moment de l'administration du
médicament. Les conséquences possibles de la prise d'un médicament dépendent du stade de développement de
l'embryon (voir A). Le risque associé à
un médicament dont l'effet est spécifique est également délimité dans le
temps. Les tétracyclines par exemple
exercent un effet sur les dents et les os
principalement après le troisième mois
de grossesse lorsque commence la minéralisation.
b) Perméabilité placentaire. La
plupart des molécules peuvent passer
du sang de la mère à celui de l'enfant au
niveau du placenta. Les cellules accolées du syncytiotrophoblaste constituent une barrière de diffusion. Sa
perméabilité aux substances médicamenteuses est cependant plus élevée
que ne peut le laisser croire la notion de
« barrière placentaire ».
c) Tératogénicité de la molécule
concernée. Pour des produits connus et
utilisés souvent, il existe des estimations statistiques du risque. De nombreux médicaments n'ont aucun effet
tératogène démontrable. Pour les médicaments nouvellement introduits, il
n'est en général pas encore possible de
disposer d'une évaluation statistique
fiable du risque.
Il existe une action tératogène
avérée par exemple pour les dérivés de
l'acide rétmoique (étrétinate, isotrétinoïne) administrés per os pour le traitement des maladies de peau, dans le cas
des anticoagulants oraux ou des tétracyclines. Une forme particulière d'altération chez l'enfant peut être induite par
le diéthylstilbestrol, une molécule estrogénique. Lorsque la mère a été
traitée pendant la grossesse, on observe
chez les filles, vers l'âge de 20 ans, un
risque accru de carcinome du cervix et
du vagin.
Dans l'estimation du rapport efficacité-risque, il faut également penser à
l'intérêt que peut présenter pour l'enfant un traitement correct de sa mère.
C'est ainsi qu'il ne faut pas arrêter un
traitement antiépileptique car une épilepsie non soignée est au moins aussi
dangereuse pour l'enfant que l'éventualité de l'administration d'anti-épileptique.
Allaitement (B). Il existe une possibilité qu'une substance présente dans
l'organisme maternel passe dans le lait
et soit ainsi absorbée par l'enfant. Pour
apprécier l'importance du danger, il
faut examiner les points présentés en
(B). En cas de doute, il est facile
d'éviter de mettre l'enfant en danger en
le sevrant.
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