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Interaction médicament-récepteur
Cinétique plasmatique
et effet d'un médicament
Après l'administration d'un principe
actif, sa concentration dans le plasma
augmente, atteint un maximum puis décroît graduellement sous l'effet de l'élimination jusqu'à retourner au niveau de
départ (p. 46). La concentration plasmatique à un instant donné est fonction
de la dose initiale. Dans la zone des
concentrations thérapeutiques, il existe,
pour beaucoup de médicaments, une relation linéaire entre la hauteur du pic
plasmatique et la dose (cinétique linéaire en fonction de la dose (A), notez
l'échelle différente sur les ordonnées).
Cette relation n'est cependant pas vérifiée pour certaines molécules, dont les
reactions d'élimination sont déjà activées de façon importante dans la
gamme des concentrations thérapeutiques de sorte qu'une élévation supplémentaire de la concentration plasmatique n'entraîne pas une augmentation
proportionnelle de l'élimination. Dans
ces conditions, pour des doses élevées,
une proportion relativement faible de la
substance sera éliminée par unité de
temps.
La cinétique d'action et celle de la
concentration plasmatique ne sont pas
identiques, car la relation entre la
concentration et l'action est une fonction hyperbole (B, voir aussi p. 54).
Ceci signifie que, pour une cinétique linéaire de la concentration en fonction
de la dose, la cinétique d'action dépend
également de la dose (C).
Si l'on administre une dose faible
(1 dans l'exemple représenté), la
concentration plasmatique varie dans
une gamme (0 à 0,9) où le changement
de concentration est encore relié de
façon presque linéaire au changement
d'activité. La cinétique de la concentration plasmatique et celle de l'effet sont
très semblables (graphique de gauche A
et C selon le cas). Si par contre on
donne une dose élevée (100), la concentration plasmatique demeure longtemps
dans une zone (entre 90 et 20) où un
changement de la concentration n'entraîne aucune variation nette de l'effet.
Après des doses élevées (100) on observe donc un plateau dans la courbe
d'activité en fonction du temps. L'effet
ne décroît que lorsque le niveau plasmatique a suffisamment diminué (< 20)
pour que la variation de la concentration plasmatique se traduise à nouveau
par un changement d'intensité de
l'effet.
Cette relation entre la cinétique de
l'effet et la dose peut avoir une application pratique. Lorsque l'on désire allonger la durée d'action on administre
une dose supérieure à celle strictement
nécessaire pour obtenir l'action désirée,
c'est le cas par exemple de la pénicilline G (p. 266) où l'on préconise une
prise toutes les huit heures, en dépit
d'une demi-vie d'élimination de 30 minutes. Cette pratique n'est possible naturellement que lorsque le dépassement
de la dose n'entraîne pas d'effet
toxique.
Il peut se produire que l'on obtienne en cas d'administration régulière
un effet pratiquement constant, bien
que le niveau plasmatique oscille de
façon importante dans l'intervalle entre
les doses.
La relation hyperbolique reliant la
concentration dans le plasma et l'effet
explique pourquoi la cinétique d'action
ne peut être décrite par une loi exponentielle. On ne peut calculer une demivie que pour l'entrée ou l'élimination
ou encore pour la variation du niveau
plasmatique mais par pour l'apparition
ou la disparition de l'effet.
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