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Interaction médicament-récepteur
Types de liaison
La condition pour qu'un principe actif
puisse jouer un rôle sur une fonction de
l'organisme est son interaction avec
une structure propre de cet organisme.
Liaison covalente. Deux atomes
forment une liaison covalente lorsque
chacun d'eux fournit au moins un électron à un nuage électronique commun.
L'existence de cette paire d'électrons
commune sera représentée dans les
structures par un trait continu. La
liaison covalente est solide et n'est pas,
ou seulement difficilement, réversible.
Peu de médicaments se lient de façon
covalente. En effet, la liaison, et donc
éventuellement l'effet, persistent longtemps après l'arrêt du traitement si bien
que l'action thérapeutique est difficile à
contrôler. Parmi les exemples connus,
on trouve des agents anticancéreux alkylants (p. 294) ou des composés organophosphorés (p. 102). Les réactions de
couplage qui se produisent au cours du
métabolisme des médicaments forment
des liaisons covalentes (par exemple un
acide glucuronique, p. 38).
Liaison non covalente. Dans ce
cas, il ne se forme pas de nuage électronique commun, la liaison est réversible
et apparaît caractéristique des interactions avec les produits pharmaceutiques. Un médicament s'associe en général à plusieurs sites au niveau de la
cible, et plusieurs des types de liaison
présentés ci-dessous peuvent participer
à cette interaction.
Interactions électrostatiques (A).
Une charge positive et une charge négative s'attirent mutuellement.
Interaction ionique '. un ion est
une particule comportant une charge
positive (cation) ou négative (anion),
c'est-à-dire qu'un atome a dans son
nuage électronique un électron manquant ou au contraire un électron excédentaire. L'attraction entre deux ions de
charge opposée s'exerce à une distance
importante et constitue la première
force d'attraction vers le site de liaison.
Cette liaison ionique est relativement
stable.
Interaction ion-dipôle '. lorsque la
probabilité de présence des électrons de
liaison n'est pas répartie de façon symétrique autour des noyaux des deux
atomes, l'un des atomes porte une
charge négative partielle (5-), l'autre
une charge positive partielle (8'
1
'). La
molécule qui comporte un pôle négatif
et un pôle positif constitue un dipôle.
Une charge partielle peut former une
liaison électrostatique faible avec un
ion de signe opposé.
Interaction dipôle - dipôle. C'est
l'interaction électrostatique entre deux
charges partielles de signes opposés. La
liaison hydrogène relie un atome d'oxygène porteur d'une charge négative partielle à deux atomes comportant une
charge positive partielle.
Interactions de van der Waals
(B). Elles se forment entre deux groupements apolaires situés à proximité
l'un de l'autre. Des altérations spontanées et transitoires de la répartition
électronique d'une molécule (dipôles
transitoires de faible amplitude 68) induisent un changement en sens
contraire sur la molécule voisine. La
liaison de van der Waals est également
une forme de liaison électrostatique
mais de faible force.
Interaction hydrophobe (C).
L'interaction entre les molécules d'eau
(dipôles) est si forte qu'un groupement
apolaire, c'est-à-dire non chargé peut à
peine se glisser entre elles ou même
s'en approcher. Les molécules d'eau
serrées les unes contre les autres repoussent en quelque sorte les groupements apolaires hors de leur milieu. Les
groupements apolaires ont donc dans
l'organisme une forte probabilité de
présence dans un environnement non
aqueux (apolaire) par exemple à proximité des chaînes d'acides gras dei
membranes cellulaires ou des zones
apolaires d'un récepteur.
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