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Élimination des médicaments
Élimination des substances
lipophiles et hydrophiles
Le caractère lipophile et hydrophile
(ou hydrophobe et lipophobe) se définit
par la solubilité des molécules dans des
milieux de faible polarité ou inversement de polarité élevée. Le plasma sanguin, le liquide interstitiel et le cytoplasme constituent des milieux aqueux
de polarité élevée tandis que les lipides,
au moins à l'intérieur d'une bicouche
membranaire (p. 20) et la graisse sont
des milieux apolaires. Les molécules
polaires, hydrophiles, se dissolvent bien
dans un milieu polaire et les molécules
lipophiles au contraire se dissolvent
dans des milieux apolaires. Une substance hydrophile qui atteint la circulation sanguine ne sera absorbée que de
façon partielle et lentement (non représenté) et traversera le foie sans subir de
modifications. En effet, ces molécules
qui ne traversent pas, ou seulement lentement, la membrane des cellules hépatiques ne rentrent pas en contract avec
les enzymes hépatiques servant à la
transformation des molécules. Cette
molécule atteint donc intacte le flux artériel et les reins où elle sera filtrée.
Dans le cas des molécules hydrophiles,
la liaison aux protéines plasmatiques
est faible (elle augmente en effet avec le
degré de lipophilie), ce qui signifie que
la majeure partie de la concentration
plasmatique de telles molécules est disponible pour une filtration glomérulaire. Une substance hydrophile ne sera
pas reabsorbée au niveau tubulaire et
aboutit donc dans l'urine définitive.
Ces molécules subissent donc une élimination rénale très rapide.
Une molécule hydrophobe qui,
bien qu'elle puisse diffuser dans les cellules et entrer en contact avec les enzymes hépatiques, n'est pas transformée en raison de sa nature chimique
en un composé polaire, persiste dans
l'organisme. La fraction filtrée lors du
passage du glomérule sera réabsorbée
au niveau du tabule. Cette réabsorption
est presque totale car la concentration
libre d'une molécule hydrophobe dans
le plasma, est faible (les molécules lipophiles sont fréquemment liées en
grande partie aux protéines). La situation décrite ici d'une molécule hydrophobe qui ne subit aucune transformation métabolique, n'est pas
souhaitable pour un médicament. Dans
ce cas en effet la dose administrée est
pratiquement irréversible (difficulté de
contrôler le traitement).
Les molécules lipophiles qui sont
transformées dans le foie en métabolites polaires permettent un meilleur
contrôle thérapeutique, car cette transformation favorise leur élimination. La
rapidité de formation des métabolites
hydrophiles conditionne la durée de la
présence du médicament dans l'organisme.
Si la transformation est rapide et
les métabolites formés pharmacologiquement inactifs, seule une fraction de
la molécule absorbée atteint intacte la
circulation générale, l'autre partie est
éliminée de façon pré-systémique.
Lorsque la biotransformation est très
rapide, l'administration orale n'est pas
possible (par exemple la trinitnne,
p. 120). La molécule doit être administrée par voie parentérale, buccale ou
transdermique pour contourner le foie.
Indépendamment du mode d'application, une partie de la substance administrée peut être captée et stockée temporairement au moment du passage à
travers les poumons, avant son passage
dans la circulation. Ce processus correspond également à une élimination
présystémique.
Une élimination présystémique
diminue la biodisponibilité d'un médicament après absorption orale. La biodisponibilité absolue est le rapport
entre la quantité systémique disponible
et la dose administrée. La biodisponibilité relative correspond à la disponibilité du médicament dans une forme
expérimentée, comparée à celle d'une
préparation classique.
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