312
Traitements de maladies particulières
Ostéoporose
L'ostéoporose correspond à une diminution de la niasse osseuse (« fonte
osseuse »), qui touche de la même manière la trame de l'os et les substances minérales. On aboutit à un tassement des
vertèbres avec des douleurs osseuses, un
dos rond et un raccourcissement du tronc.
Le col du fémur et le radius distal sont fréquemment atteints par des fractures. La
base de cette fonte osseuse est un déplacement de l'équilibre entre synthèse osseuse
par les ostéoblastes et dégradation osseuse par les ostéoclates, en direction de
la dégradation. Classification : ostéoporose idiopathique : type 1 : chez les
femmes atteignant la ménopause ; type 2 :
chez les hommes et les femmes vers
70 ans. Ostéoporose secondaire comme
conséquence de maladies sous-jacentes
(maladie de Cushing par ex.) ou provoquées par des médicaments (par ex glucocorticoïdes ou traitement chronique à
l'héparine). Dans ce cas, l'origine peut en
être éliminée.
Ostéoporose post-ménopause.
Après la ménopause se déclenche une
poussée de dégradations. Plus la masse
osseuse de départ est faible et plus tôt on
atteindra une proportion de perte osseuse
qui déclenchera les douleurs.
Les facteurs de risques sont : une
ménopause précoce, une activité physique
insuffisante, le tabagisme ou l'abus
d'alcool, un poids insuffisant ou une
nourriture pauvre en calcium.
Prévention. La poussée de dégradations osseuses après la ménopause peut
être empêchée par l'administration d'oestrogènes. On utilisera souvent des œstrogènes conjugués (p. 252)^CoîBrne le traitement par les œstrogènes seuls augmente
le risque d'un cancer de\l'endomètre, on
doit administrer en même temps des progestatifs comme par ex. dans le cas d'une
contraception orale combinée (exception,
après une hystérectomie). Durant ce traitement, les règles sont maintenues. A la
différence de ce que l'on observe pour la
contraception orale, le risque de troubles
thromboemboliques n'est pas augmenté
mais plutôt diminué. L'apport hormonal
peut se poursuivre pendant 10 ans et plus.
L'apport quotidien de calcium doit représenter 1 g/jour avant la ménopause (correspondant à ~ 1 1 de lait) et 1,5 g après.
Traitement. La néosynthèse de l'os
sera induite par des fluorures administrés
par exemple sous forme de fluorure de sodium. Il stimule les ostéoblastes. Dans
l'hydroxyapatite, il sera inséré à la place
du groupement hydroxyle (p. 263), ce qui
rend plus difficile la dégradation par les
ostéoclastes. Pour garantir la minéralisation de l'ostéoïde nouvellement synthétisé il faut se préoccuper d'un apport en
calcium suffisant mais cela ne doit pas
être fait en même temps, car le fluorure de
calcium non absorbé, précipite déjà dans
l'intestin. Cette difficulté n'est pas rencontrée lorsque le fluorure est administré
sous forme de monofluorophosphate de
sodium. Comme on ne sait pas encore
avec certitude dans quelles conditions la
tendance aux fractures décroît, l'administration de fluorure n'est pas encore un
traitement de routine.
La calcitonine (p. 262) inhibe le
fonctionnement des ostéoclastes et la dégradation de l'os. En tant que peptide elle
doit être administrée par injection (ou
également via la muqueuse nasale en pulvérisation). La calcitonine de saumon est
plus active que la calcitonine humaine,
car elle est éliminée plus lentement.
Les biphosphonates ont une structure voisine de celle d'un composant de
l'organisme, le pyrophosphate, qui inhibe
la dissolution et la perte de la substance
minérale des os. Ils ralentissent la dégradation des os par les ostéoclastes, mais
également en partie la minéralisation osseuse. Les indications de ces composés
sont : la dégradation osseuse provoquée
par une tumeur, l'hypercalcémie, la maladie de Paget. Lors d'études cliniques
avec Yétidronate dans l'optique du traitement de l'ostéoporose, cette molécule
était administrée par phases alternant avec
des plages d'arrêt. Pour les molécules introduites ultérieurement comme le clodronate, le pamidronate et également
l'alendronate l'inhibition des ostéoclastes
est l'action majeure, ce qui permet dans le
traitement de l'ostéoporose une administration continue.
Précédent

- 323/387

Suivant