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Traitements de maladies particulières
La goutte et son traitement
L'origine de la goutte, une maladie métabolique, est une élévation de la concentration sanguine en acide urique, le produit
de dégradation des purines (hyperuricémie). Par accès, se produit une précipitation de cristaux d'urate de sodium dans
les tissus.
La crise de goutte typique consiste
en une inflammation très douloureuse
du gros orteil et des articulations de la
cheville. L'inflammation se développe
d'abord à cause des efforts de l'organisme
pour se débarraser des cristaux par phagocytose (1-4). Les granulocytes neutrophiles enveloppent les cristaux grâce à
leurs mouvements amiboïdes et les capturent (2). La vacuole de phagocytose
fusionne avec un lysosome (3). Les enzymes lysosomiales ne peuvent cependant pas détruire l'urate de sodium. Si les
cristaux se déplacent au cours de mouvements amiboïdes ultérieurs, la membrane
des phagolysosomes se rompt. Les enzymes se répandent dans le granulocyte,
le détruisent et lèsent le tissu environnant.
Des médiateurs inflammatoires comme
par exemple les prostaglandines sont libérés (4). Des granulocytes attires s'accumulent et périssent de la même façon.
L'inflammation se renforce et une crise
de goutte se déclenche.
Le but du traitement de la crise de
goutte est d'interrompre la réaction inflammatoire. Le remède de choix est la
colchicine, un alcaloïde de la colchique
(Colchicum automnale). Ce composé est
connu comme un poison du fuseau, car il
bloque les mitoses en métaphase en inhibant les protéines contractiles du fuseau
achromatique. Son action dans les crises
de goutte repose sur l'inhibition des protéines contractiles dans les neutrophiles,
ce qui bloque leurs mouvements amiboïdes et donc la phagocytose. Les effets
secondaires les plus fréquents d'un traitê7
ment par la colchicine sont des douleurs
abdominales, des vomissements et des
diarrhées, correspondant tout à fait à l'inhibition des mitoses dans l'épithélium de
l'estomac et de l'intestin, qui se divise
très rapidement en temps normal. La colchicine est principalement administrée
par voie orale (0,5 mg/h par ex. jusqu'à ce
que les douleurs cèdent ou qu'apparaissent des troubles gastro-intestinaux ; dose
maximale 10 mg). Une crise de goutte
peut également être traitée avec des antiinflammatoires tels que ex. l'indométaciné ou la phénylbutazone. Dans les cas
sévères, les glucocorticoïdes peuvent
également être prescrits.
Pour la prévention d'une crise de
goutte, il faut ramener la concentration
d'acide urique dans le sang en dessous de
6 mg/100 ml.
Régime : les aliments riches en purine (noyaux cellulaires) sont à éviter, par
exemple les abats. Le lait, les produits laitiers et les œufs sont pauvres en purine et
sont recommandés. Le café et le thé sont
autorisés car la caféine, une méthylxanthine, ne participe pas au métabohsme des
purines.
Uricostatiques : ils diminuent la
production d'acide urique. L'allopurinol
et son métabolite, l'alloxanthine (oxypurinol), qui s'accumule dans l'organisme,
inhibent la xanthine oxydase qui catalyse
la transformation de l'hypoxanthine en
xanthine puis en acide urique. Ces précurseurs sont facilement éliminés par le rein.
L'allopurinol est administré par voie orale
(300-800 mg/jour). Il est très bien supporté à l'exception de rares réactions allergiques et constitue le moyen préventif
de choix. Au début du traitement se produisent des crises de goutte que l'on peut
éviter en donnant en même temps de la
colchicine (0,5-1,5 mg/jour). Les uricosuriques comme le probénécide ou la
henzbromarone (100 mg/jour) ou la sulfinpyrazone stimulent l'élimination rénale d'acide urique. Ils occupent le système de réabsorption des acides dans le
tubule proximal de sorte que celui-ci n'est
plus disponible pour le transport d'acide
urique. En cas de dosage trop faible, c'est
seulement le système de sécrétion des
acides qui sera inhibé car il a une activité
de transport plus faible ; l'élimination
d'acide urique est alors interrompue et
une crise de goutte est possible. Chez les
patients avec des calculs dans les voies
urinaires, les uricosuriques sont contreindiqués.
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