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Médicaments antiparasitaires
Antimalariens
La malaria est provoquée par le
Plasmodium, un organisme unicellulaire
(protozoaire). L'agent pathogène est transporté chez l'homme sous forme de sporozoïtes lors de la piqûre par un moustique
anophèle contaminé (A). Les sporozoïtes
pénètrent dans les cellules du foie et se développent en schizontes (schizontes primaires). Ceux-ci donnent naissance à de
nombreux mérozoïtes qui passent dans
le sang. Ce cycle pré-érythrocytaire est
asymptomatique. Dans le sang, ces parasites envahissent les érythrocytes (cycle
érythrocytaire). Les mérozoïtes formés seront libérés en même temps par les érythrocytes contaminés : lyse des érythrocytes
avec accès de fièvre. De nouveau les érythrocytes seront infectés. La durée de développement du parasite conditionne le
temps avant l'apparition d'un nouvel accès
de fièvre. Dans le cas de Plasmodium (P.)
vivax et de P. ovale, les sporozoïtes hépatiques peuvent également donner des hypnozoïtes qui subsisteront sous cette forme
pendant des mois et des années avant de
parvenir au stade schizonte.
Les différentes formes de développement du parasite peuvent être selon les cas
éliminées par diverses substances. On
connaît le mécanisme d'action de certaines
d'entre elles : la chloroquine et la quinine
s'accumulent dans les vacuoles digestives
acides du schizonte sanguin et inhibent une
enzyme qui en temps normal polymérise
les groupements hèmes libérés à partir de
l'hémoglobine, qui sinon sont toxiques
pour le parasite. La pyriméthamine inhibe
la dihydrofolate réductase (p. 270) du protozoaire. Le proguanil donne naissance à
un composé actif appartenant à la même
1 famille que la pyriméthamine. Le sulfa•smide, sulfadoxine inhibe la synthèse de
]''acide dihydrofolique (p. 270).
Pour le choix d'une substance, il
faut tenir compte de la tolérance et des
phénomènes de résistance.
Tolérance. C'est la quinine, le premier produit antimalarien utilisé, qui a la
fenêtre thérapeutique la plus étroite. Les
composés récents sont tous bien supportés.
C'est en particulier chez P. falciparum, responsable des formes les plus
dangereuses de malaria, qu'on observe le
développement de formes résistantes.
La fréquence d'apparition de souches résistantes augmente avec la fréquence
d'utilisation d'une substance. Une résistance peut apparaître contre la chloroquine et également contre l'association
pyriméthamine-sulfadoxine.
Choix d'une substance pour la
prophylaxie antimalarienne. La prise
continuelle de substances antimalariennes
durant un séjour dans les zones présentant
un danger de malaria constitue la
meilleure protection contre le développement de la maladie mais cependant pas
contre l'infection. La primaquine pourrait
certes agir contre les schizontes primaires
de tous les types de Plasmodium ; elle
n'est cependant pas utilisée pour une prophylaxie à long terme à cause d'une tolérance peu satisfaisante lors d'une administration de longue durée et du danger de
développement d'une résistance (c'est le
seul moyen contre les schizontes secondaires de P. ovale et P. vivax). Pour la prévention, on utilise plutôt les substances
contre les schizontes sanguins. Le produit
de choix est la chloroquine. A cause de sa
persistance dans le plasma (t 1/2 plasmatique 3 jours ou plus), une prise hebdomadaire est suffisante. Dans les régions où
sévissent des formes résistantes, on utilisera comme alternative la méfloquine, le
proguanil ainsi que le cas échéant la doxycycline, une tétracycline. Les produits
contre les schizontes sanguins ne bloquent
pas l'atteinte asymptomatique du foie,
mais seulement l'infection des érythrocytes responsable des symptômes de la
maladie (traitement suppressif). Contre la
persistance éventuelle de parasites dans le
foie, il est nécessaire de prendre de la primaquine pendant deux semaines après la
fin du séjour en zone malarique.
Il est très important à titre prophylactique de se protéger des piqûres de
moustique : moustiquaire, vêtements recouvrant la peau...
Pour le traitement on utilise en
principe les mêmes produits ainsi que la
quinine et 1' ' halofantrine contre les
schizontes sanguins, et la combinaison
pyriméthamine et sulfadoxine pour les
automédications initiales.
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