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Substances antibactériennes
Inhibiteurs de synthèse de la paroi
bactérienne
Dans la plupart des cas, une paroi cellulaire entoure les bactéries comme une
écorce rigide ; elle les protège des agressions extérieures et empêche une
rupture de la membrane cellulaire sous
l'influence d'une pression interne (osmotique) élevée. La solidité de la paroi cellulaire repose avant tout sur la structure de
la muréine (peptidoglycane). Elle se
compose d'éléments de base rassemblés
en une énorme macromolécule formant
un réseau. Ces éléments contiennent les
deux sucres aminés N-acétylgiucosamine
et acide N-acétylmuramique enchaînés
les uns aux autres. Ce dernier comporte
une chaîne peptidique. Les « briques »
sont synthétisées dans la bactérie, transportées vers l'extérieur à travers la membrane cellulaire et assemblées selon le
schéma ci-contre. Ensuite, l'enzyme
transpeptidase relie les chaînes peptidiques de deux polymères voisins de
sucres aminés.
Inhibiteurs de synthèse de la
paroi. Ils conviennent comme substance
antibactérienne car les cellules humaines
ne possèdent pas de paroi. Ils sont bactéricides pour les germes qui poussent et se
multiplient. C'est de cette façon qu'agissent les antibiotiques (3-lactames, céphalosporines et pénicillines ainsi que bacitracine et vancomycine.
La pénicilline (A). La substance
originelle de ce groupe est la pénicilline G (benzylpénicilline). Elle a été obtenue à partir de cultures de moisissures,
initialement de Pénicillium notatum. La
pénicilline G contient l'élément de base
commun à toutes les pénicillines, l'acide
6-aminopénicillanique (6AAP, p. 269),
avec un cycle P-lactame à 4 côtés. Le
6AAP lui-même n'a pas d'action antibactérienne. Les pénicillines interrompent la
synthèse de la paroi en inhibant la transpeptidase. Si les bactéries se trouvent
dans une phase de croissance et de multiplication, les pénicillines provoquent la
mort cellulaire (bactéricidie) ; en raison
du défaut de la paroi, les bactéries gonflent puis éclatent.
Les pénicillines sont bien supportées chez l'homme. La dose journalière
peut aller pour la pénicilline G d'environ
0,6 g i.m. ( = 10
6 unités internationales
1 Mega UI) jusqu'à 60 g en perfusion!
L'effet secondaire le plus fréquent est
une réaction allergique (fréquence jusqu'à 5 % des malades traités), dont les
manifestations peuvent aller de manifestations cutanées jusqu'à des chocs anaphylactiques (moins de 0,05 % des cas).
Ces molécules sont contre-indiquées chez
des sujets allergiques à la pénicilline. En
particulier à cause du danger de sensibilisation, les pénicillines ne doivent pas être
utilisées en applications locales. Des
effets neurotoxiques, principalement des
crampes, peuvent survenir lorsque des
concentrations très élevées agissent sur le
SNC, par ex. en cas d'administration rapide de doses élevées en i.v. ou bien par
administration directe dans le liquide céphalo-rachidien.
La pénicilline G est éliminée au
niveau des reins, essentiellement sous
forme inchangée et de façon très rapide
(demi-vie plasmatique environ 1/2 heure).
Il est possible de prolonger la
durée d'action :
1. Administration à dose plus élevée, pour une demi-vie plasmatique identique la concentration persiste plus longtemps au-dessus de la valeur seuil
nécessaire à l'action antibactérienne.
2. Association avec le probénécide.
L'élimination rénale de la pénicilline G
s'effectue en grande partie par le système de sécrétion des anions (acides)
dans le tubule proximal (fonction acide
du 6AAP !). Le probénécide, un acide
(p. 310), entre en concurrence avec cette
voie d'élimination et ralentit ainsi l'élimination de la pénicilline G.
3. Injection intramusculaire en
dépôt. La pénicilline G sous forme anionique (-COO-) forme avec des substances
contenant des groupements aminés
chargés, des sels peu solubles dans l'eau
(procaïne, p. 206, clémizole un anti-histaminique, benzathine une substance dicationique). Selon la substance, la libération de la pénicilline G à partir du dépôt
s'étend sur un intervalle de temps variable.
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