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Anesthésiques locaux
Anesthésiques locaux
Les anesthésiques locaux inhibent de façon réversible la formation et la transmission des stimuli dans les cellules
nerveuses. Une action de ce type est recherchée lorsqu'il s'agit de pratiquer
une intervention douloureuse, par
exemple une opération chirurgicale ou
une extraction dentaire.
Mécanisme d'action. La transmission de l'information dans les nerfs
se produit sous la forme d'un potentiel
d'action, un changement très rapide du
potentiel de membrane, durant moins
de 1 ms. La dépolarisation a pour origine un influx rapide d'ions Na vers
l'intérieur de l'axone (A). Cet influx se
produit à travers un canal protéique inclus dans la membrane qui à l'état ouvert (activé), laisse pénétrer rapidement
de l'extérieur vers l'intérieur des ions
sodium en suivant le gradient chimique
([Na^,,,, environ 150 mM, [Na
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'],,,, environ 7 mM). Cet influx rapide de Na'
1
'
peut être inhibé par les anesthésiques
locaux ; la transmission de l'excitation
est bloquée (A).
Les principaux anesthésiques locaux existent en partie sous forme cationique amphiphile (voir aussi p. 206).
Cette propriété physicochimique facilite l'accumulation aux interfaces, domaines frontières entre milieu polaire et
apolaire. Ceux-ci se trouvent dans les
membranes phospholipidiques et à l'intérieur des canaux protéiques. Ceci signifie que, dans certains cas, le blocage
d'un canal sodique résulte de l'accumulation de l'anesthésique local dans le
canal protéique. Il est certain que le site
d'action peut également être atteint à
partir du cytosol et que le produit doit
alors traverser d'abord la membrane
cellulaire (p. 204).
Des substances non chargées peuvent également exercer une action anesthésique locale ; dans ce cas, le site de
liaison doit être recherché dans le domaine apolaire du canal ou dans la
membrane lipidique qui l'entoure.
Effets secondaires liés au mode
d'action. Comme l'influx de sodium
est bloqué par les anesthésiques locan
non seulement dans les nerfs sensiti?'
mais dans tous les tissus excitables lei
s
administration doit être effectuée lor
lement et en prenant les précautions né
cessaires pour éviter une distribution
dans l'organisme (p. 204). En effet, un
passage rapide dans le sang peut provo
quer des réactions secondaires systémiques indésirables :
Par un blocage des neurones inhibiteurs dans le système nerveux
central : crampes, agitation (moyen de
lutte contre les crampes : injection de
benzodiazépine, p. 224) ; à concentratrion plus élevée paralysie générale et
blocage du centre respiratoire.
Par une inhibition de la transmission de l'excitation dans le cœur : anomalie de la conduction AV, arrêt cardiaque (moyen d'intervention : injection d'adrénaline). L'inhibition, par les
anesthésiques locaux, des phénomènes
d'excitation cardiaque peut être utilisée
sur un plan thérapeutique en cas
d'arythmie (p. 134).
Types d'anesthésie locale.
L'utilisation d'une anesthésie locale
peut s'effectuer par infiltration dans le
tissu à anesthésier (infiltration), ou par
injection dans le faisceau nerveux qui
rassemble les fibres sensitives provenant de la région à endormir (anesthésie de conduction pour les nerfs,
anesthésie spinale pour la moelle épinière), par application de la substance
sur la peau et les muqueuses (anesthésie de contact). Dans chaque cas,
l'anesthésique local doit diffuser Jusqu'aux nerfs à anesthésier à partir d'un
dépôt placé sur la peau ou injecté dans
le tissu.
Sensibilité élevée des nerfs sensitifs, sensibilité plus faible des nerfs
moteurs. La stimulation des nerfs sensitifs est déjà inhibée à des concentrations plus faibles que celles nécessaires
pour bloquer les nerfs moteurs. Ceci
peut provenir d'une plus grande fréquence des impulsions et d'une plus
grande durée du potentiel d'action dans
le cas des nerfs sensitifs. Ou bien c'est
en rapport avec le diamètre respectif
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