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Produits agissant sur le système moteur
Myorelaxants dépolarisants
La succinylcholine a une utilité clinique
(succinyidicholine, suxaméthonium. A).
Dans son cas, il s'agit en quelque sorte
d'un double de l'ACh. Comme l'acétylcholine, la succinylcholine agit au niveau des récepteurs nicotiniques de la
plaque motrice comme un agoniste.
Malgré tout, elle provoque une relaxation musculaire : à l'inverse de l'ACh, la
succinylcholine n'est pas hydrolysée par
l'acétylcholinestérase. Elle constitue
seulement un substrat des cholinestérases non spécifiques (cholinestérases
sériques, p. 100). La succinylcholine
sera donc dégradée plus lentement que
l'ACh, persistera donc quelques minutes
dans la fente synaptique et dépolarisera
la plaque motrice pendant un temps
correspondant. La dépolarisation de la
plaque motrice suscite d'abord dans la
membrane des cellules musculaires environnantes la propagation d'un potentiel d'action et la contraction des fibres
musculaires : après injection intraveineuse on peut observer des petits tressaillements des muscles.
La naissance d'un nouveau potentiel d'action à proximité de la plaque
motrice n'est possible que lorsque celleci demeure non stimulée pendant un certain laps de temps et peut se repolariser.
Le potentiel d'action repose sur l'ouverture d'une protéine canal pour les ions
Na^ à travers laquelle se produit un flux
d'ions Na^ qui dépolarise la membrane.
Après quelques millisecondes, les canaux sodiques se ferment automatiquement (inactivation), le potentiel de membrane revient à sa valeur de repos, le
potentiel d'action se termine. Aussi
longtemps que le potentiel de membrane
ne s'est pas rapproché de sa valeur de
repos, l'ouverture des canaux sodiques
et donc la formation du potentiel d'action suivant sont impossibles. Dans le
cas d'une libération d'acétylcholine, la
repolarisation de la plaque motrice et un
retour de l'excitabilité des canaux ioniques dans les membranes environnantes se produisent rapidement à cause
de la dégradation très rapide par l'acétylcholinestérase. Pour la succinylcholine,
la dépolarisation de la plaque motrice e>
également du domaine membranaire
alentour persiste. Les canaux sodiques
sont maintenus dans un état inactivé et
de ce fait il n'est pas possible de générer
un potentiel d'action dans les membranes environnantes.
Comme la plupart des fibres musculaires sont innervées par l'intermédiaire d'une seule plaque motrice
l'excitation de celle-ci permet la propagation d'un potentiel d'action à travers
la membrane cellulaire sur plus de
30 cm. Le blocage des potentiels d'action maintient la fibre musculaire dans
un état relaxé.
L'action d'une dose habituelle de
succinylcholine persiste seulement une
dizaine de minutes. Elle est souvent administrée au début d'une anesthésie pour
faciliter l'intubation. L'action de la succinylcholine n'est pas augmentée de
façon nette par les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase. Chez les rares patients
ayant un déficit génétique en pseudocholinestérase (estérase non spécifique),
l'action de la succinylcholine est notablement prolongée.
Comme la dépolarisation prolongée est associée à un efflux d'ions
K^ on peut aboutir à une hyperkaliémie
(avec danger d'arythmies cardiaques).
C'est seulement dans quelques types de
muscle (par exemple les muscles externes de l'œil) que les fibres musculaires sont innervées par plusieurs
plaques motrices. Dans ce cas, la succinylcholine déclenche une dépolarisation
répartie sur la totalité de la fibre. Ceci est
associé à une contraction prolongée : la
pression interne de l'œil s'élève, ce qui
doit être surveillé pendant une opération
de l'œil.
Pour les muscles squelettiques
dont le nerf a été sectionné, on observe
que les récepteurs de l'acétylcholine se
répartissent sur la totalité de la membrane de la fibre. Dans ce cas également,
la succinylcholine produirait une dépolarisation prolongée et une contracture
ainsi que le déclenchement d'une hyperkaliémie. Ceci peut par exemple se produire à la suite d'une opération chez un
patient polytraumatisé.
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