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Laxatifs
2. a. Laxatifs irritant l'intestin
grêle : huile de ricin
L'huile de ricin provient de Ricinus
communis (Palmier du christ, sur la figure sont présentés un rameau, une
grappe de rieurs et une graine). Elle est
obtenue par pression des graines (représentées grandeur nature sur l'image).
Après prise orale de 10-30 ml d'huile
de ricin on provoque environ 1/2 à 3 h
plus tard des selles liquides. Ce n'est
pas l'huile de ricin qui est active mais
l'acide ricinoléique. Celui-ci est formé
au cours des réactions typiques de la dégradation des graisses : la muqueuse
duodénale libère dans le sang l'hormone intestinale, cholécystokinine /
pancréatozymine ; celle-ci stimule la
contraction de la vésicule biliaire et la
libération d'acides biliaires ainsi que la
sécrétion de lipase par le pancréas
(CCK/PZ stimule aussi le péristaltisme
intestinal). En raison de son action radicale, l'huile de ricin ne convient pas au
traitement d'une constipation normale.
Après absorption orale d'une substance
toxique l'huile de ricin peut être utilisée
pour accélérer l'élimination du poison
par les voies naturelles et empêcher son
absorption. Dans le cas d'une absorption de poisons lipophiles, qui est facilitée par les sels biliaires, l'huile de
ricin n'est pas recommandée.
2. b. Laxatifs irritant le côlon
(p. 174 et suivantes)
Dérivés de l'anthraquinone (p. 175 A).
Ce sont des produits végétaux. On les
trouve dans les feuilles ou les fruits du
séné, l'écorce de cascara ou de bourdaine (Cortex frangulae, Cascara sagrada), les racines de rhubarbe
(Rhiwma rhei) ou bien dans les extraits
de feuilles d'aloès (p. 174). La structure
de base des anthraquinones est décrite
dans la figure de la p. 175 A. Dans ces
anthraquinones, on trouve, entre autres,
deux groupements hydroxyle dont l'un
est associé à un sucre (glucose, rhamnose). Après la prise du glycoside anthraquinonique se produit avec un
temps de latence d'environ 6-8 h
l'émission de fèces molles. Les glycosides ne sont pas actifs par eux-mêmes
mais sont transformés par les bactéries
intestinales pour donner la forme active.
Dérivés du diphénylméthane
(p. 175 B). Ils dérivent de la phénol.
phtaléine, substance à action laxative
mais dont l'administration peut entraîner dans quelques cas rares des réactions allergiques sévères. Le bisacodyl
et le picosulfate de sodium sont d'abord
transformés par les bactéries de l'intestin en substances actives stimulant
l'intestin. Après prise orale, le bisacodyl subit l'élimination d'un groupement acétyle, est absorbé, conjugué
dans le foie à l'acide glucuronique (ou à
l'acide sulfurique, p. 38) et enfin éliminé avec la bile dans le duodénum.
Environ 6-8 h après la prise orale, se
produit l'émission de selles molles et
bien formées. Sous forme de suppositoire, le bisacodyl produit son effet en
moins d'une heure.
Indications des laxatifs irritant
le côlon : pour éviter les contractions
abdominales lors des selles : état postopératoire, infarctus du myocarde, attaque d'apoplexie ; pour adoucir les
douleurs en cas de lésions anales : fissures, hémorroïdes. Les laxatifs sont
strictement contre-indiqués en cas de
douleurs abdominales d'origine inconnue.
3. Laxatifs lubrifiants. L'huile
de paraffine n'est pratiquement pas absorbée et rend les fèces plus glissantes.
Elle bloque l'absorption des vitamines
liposolubles. L'absorption de gouttelettes de paraffine peut aboutir à la formation dans les ganglions lymphoides
de l'intestin, de granulomes. Par passage dans le tractus respiratoire, la paraffine peut provoquer une pneumonie
interstitielle. A cause de ces effets secondaires, son administration n'est pa
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recommandée.
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