170
Laxatifs
2. Substances irritant l'intestin.
Les laxatifs de ce groupe exercent une
action irritante sur la muqueuse de l'intestin (A). L'absorption de fluide diminue le péristaltisme, la sécrétion de
fluide et le remplissage accru de l'intestin le stimulent ; la stimulation de
terminaisons sensitives entraîne par
voie réflexe une augmentation de la
motricité intestinale. Selon le site de
l'irritation, on distingue • l'huile de
ricin irritant l'intestin grêle, l'anthraquinone irritant le gros intestin et les
substances apparentées, dérivées du diphénylméthane (p. 172).
Abus des laxatifs. L'idée qu'il est
nécessaire d'aller à la selle au moins
une fois par jour est très répandue. Le
rythme de 3 fois par semaine est cependant tout à fait normal. L'idée assez répandue dans l'ancien temps, que l'absorption des molécules contenues dans
l'intestin était néfaste pour l'organisme
est sans doute à la base de ce désir de
selles plus fréquentes. C'est ainsi que
les purges faisaient, il y a longtemps,
partie de l'arsenal thérapeutique usuel.
On sait aujourd'hui, qu'un empoisonnement par les molécules du contenu
Intestinal est impossible dans le cas
d'un fonctionnement normal du foie.
Malgré tout, les laxatifs se trouvent parfois vendus comme moyen de « purification du sang » ou bien de « nettoyage
de l'organisme ».
Si l'on remplace l'absence de ballast dans la « nourriture actuelle » par
la prise de composés correspondants
(fibres, mucilages), il n'y a rien à redire. L'utilisation de laxatifs irritant
l'intestin n'est cependant pas sans
danger. Il existe le risque de ne plus
pouvoir aller à la selle sans ce moyen :
dépendance vis-à-vis des laxatifs. La
prise chronique de laxatifs irritants perturbe le contenu de l'organisme en eau
et électrolytes et peut provoquer des
symptômes divers (par ex. perturbations du rythme cardiaque liées à une
hypokaliémie).
Causes d'une dépendance vi '
vis-dés laxatifs (B). Le réflexe de déf*
cation est déclenché par le remplissa
e
du rectum. Une défécation norrn ^
e
vide le gros intestin jusqu'à la branA
descendante du côlon. L'intervalle d
temps jusqu'à la prochaine défécann
6
spontanée dépend donc de la vîtes
n
avec laquelle ce segment de l'intestin s
0
remplit de nouveau. Un laxatif irritant
administré à sa dose efficace vide l'in
tégralité du côlon. De façon logique »
doit alors s'écouler un temps plus loua
jusqu'à ce qu'une nouvelle défécation
spontanée soit possible. Craignant la
constipation, le sujet impatient utilise à
nouveau les laxatifs, ce qui conduit à
l'effet souhaité mais, à nouveau, à une
vidange de la partie haute du côlon
Après l'arrêt d'un laxatif on ne doit
donc pas être alarmé par la survenue
d'une « pause compensatrice » (I).
Dans le gros intestin, le contenu
fluide provenant de l'intestin grêle
s'épaissit par absorption d'eau et de
sels (passant d'environ 1 000 à 150 ml
chaque jour). Si sous l'action d'un
laxatif irritant on provoque une vidange
prématurée, cela signifie aussi une perte
entérale d'eau, de NaCl et de KC1.
L'organisme compense l'appauvrissement en eau et en NaCl par une sécrétion accrue d'aldostérone (p. 162);
cette hormone en effet stimule leur reabsorption rénale. Son effet cependant
s'accompagne d'une élimination rénale
de KC1. Les pertes entérales et rénales
de K* s'additionnent et mènent à un appauvrissement de l'organisme en K^, et
une chute de la concentration sanguine
(hypokaliémie). Cet état s'accompagne
d'une diminution du péristaltisme intestinal (« paresse intestinale »). Le sujet
constate une « constipation », prend de
nouveau des laxatifs et le cercle infernal est ainsi bouclé (2).
Précédent

- 181/387

Suivant