146
Anti-thrombotiques
vue : 1. elles empêchent le passage à travers les membranes : l'héparine est inactive après administration orale ou cutanée
et doit être injectée ; 2. leur interaction
avec des charges positives des résidus lysine est utile à la formation du complexe
avec AT III ; 3. elles permettent la liaison
de l'héparine à son inhibiteur (antidote),
la protamine (une protéine polycationique du sperme du saumon).
Lors de saignements dus à l'héparine, l'injection de protamine suffit à
bloquer immédiatement l'action de
l'héparine.
Un autre effet secondaire à citer
est l'apparition de réactions allergiques
avec, entre autres, une tendance à
l'agrégation des plaquettes et à la
thrombopénie (cliniquement : thromboses et saignements).
Pour la prophylaxie des thromboses, il suffit d'une faible dose de
5 000 UI, 2 à 3 fois par jour en injection
sous-cutanée. L'héparine de petit poids
moléculaire (poids moléculaire moyen
environ 5 000) a une durée d'action
plus longue et ne doit être administrée
qu'une fois par jour (certoparine, dalteparine, enoxaparine, reviparine, tinzaparine).
Le risque de saignement est si
faible pour de petites doses d'héparine
qu'il est déjà possible de faire la première injection deux heures avant une
opération. Pour empêcher la croissance
des caillots au niveau d'une thrombose
déjà constituée, il est nécessaire d'utiliser des doses journalières plus importantes d'héparine en injection intraveineuse.
Fibrinolyse (A)
La fibrine provient du fibrinogène par
coupure de deux oligopeptides sous
l'action protéolytique de la thrombine
(facteur lia). Les molécules de fibrine
polymérisent pour former un réseau.
Celui-ci peut être découpé en fragments
solubles par une enzyme endogène la
plasmine. La plasmine dérive d'un précurseur inactif, le plasminogène par
coupure d'un fragment protéique. Pour
dissoudre les thrombi (par exemple
dans le cas d'un infarctus du myocarde
on injectera de l'activateur du plasnn
nogène. La condition pour une throm'
bolyse réussie est de donner l'activateu
aussitôt que possible après la formation
du thrombus. L'urokinase est un ach.
valeur endogène du plasminogène nn,
peut être extrait de cultures de cellules
rénales humaines. L'urokinase est
mieux supportée que la streptokinase
Celle-ci n'a pas d'activité enzymatique
propre ; c'est à la suite de l'association
avec une molécule de plasminogène
qu'apparaît un complexe capable d'hydrolyser le plasminogène. La streptokinase, dérivée de streptocoques
demeure malgré tout une protéine bac-'
térienne. Ceci explique l'apparition de
fréquentes réactions anaphylactiques. A
la suite d'infections antérieures par des
streptocoques, des anticorps anti-streptokinase peuvent être présents dans le
plasma. Leur interaction avec les molécules de streptokinase leur fait perdre
toute activité.
Un autre activateur est le tPA
(tissue plasminogen activator).
Le fait que les fibrinolytiques,
comme on pouvait s'y attendre, favorisent les saignements constitue un effet
secondaire indésirable.
L'inactivation du système de fibrinoiyse peut être réalisée avec des inhibiteurs de pla.srniiie comme l'acide
S.-aminocaproïque, p-aminoinéthyl-brnzoïque, Y acide tranexamique ou Yapro.tinine qui inhibe également d'autres
protéases.
Diminution de la concentration
de fibrinogène dans le sang. L'ancrod
est un composant du venin d'un serpent
malais vivant dans les trous. Il détache
du fibrinogène par voie enzymatique un
seul fragment, donnant naissance à un
composé inutilisable. La coagulabilité
du sang diminue en même temps que la
concentration de fibrinogène. Comme le
fibrinogène (poids moléculaire environ
340000) contribue à la viscosité du
sang, on aboutit également à une amélioration de la fluidité du sang. On espère
pouvoir utiliser ces deux effets dans certaines anomalies de l'hémostase.
Précédent

- 157/387

Suivant