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Médicaments actifs sur le cœur
Glycosides cardiaques
On peut extraire de certaines plantes (A)
des molécules contenant une fraction glucidique liée à un noyau stéroïde (formule
p. 133) qui augmentent la contraction du
muscle cardiaque (B) : glycosides cardiotoniques, cardio^téroïdes ou digitaliques.
La fenêtre thérapeutique de ces molécules est très étroite : le dépassement de
la dose augmentant la contraction cardiaque peut aboutir à un empoisonnement : arythmie et contracture (B).
Mécanisme d'action. Les glycosides cardiaques (GC) se lient, sur la face
externe, aux ATPases Na-K dépendantes
des cellules du muscle cardiaque et bloquent leur activité. Ces enzymes expulsent de la cellule les ions Na
+ qui y ont pénétré et font entrer de nouveau les ions K*
qui en étaient sortis ; elles maintiennent
ainsi les gradients ioniques (Na
4 ^ et K^, le
potentiel de repos négatif de la membrane
et l'excitabilité électrique de la cellule. En
présence de glycosides cardiaques, une
partie des Na-K ATPases est inhibée, les
enzymes libres peuvent assurer un transport « normal » du Na-^ et du K* par une
augmentation de leur activité. Le stimulus
activateur est une élévation de quelques
mM de la concentration intracellulaire de
Na
+ (concentration normale environ
7 mM). On observe simultanément une
augmentation de la quantité de Ca^ libérée durant la systole (Ça
2 * de couplage)
et donc de la force de contraction. Ceci
est dû au fait que l'augmentation du Na
+
intracellulaire entraîne une diminution du
gradient transmembranaire de Na
+ qui est
la force motrice de l'échange Na-VCa^
(p. 128). La conséquence est donc une
augmentation du contenu en calcium de la
cellule. Si la proportion des Na-K
ATPases bloquées est trop importante,
l'homéostasie des échanges Na^ est
déréglée et le potentiel de membrane diminue -» apparition d''arythmies. Le Ça
2 *
en excès bloque la relaxation pendant la
diastole : contracture.
Les actions des glycosides cardiaques dans le système nerveux central
sont également liées à une occupation de
la Na-K ATPase (C). La stimulation du
nerf vague entraîne une diminution de la
fréquence cardiaque et de la vitesse de
conduction auriculoventriculaire (AV).
Chez un patient souffrant d'une insuffisance cardiaque, l'amélioration de la situation circulatoire contribue aussi à la réduction de la fréquence cardiaque. La
stimulation de l'area postrema provoque
des nausées et des vomissements. Des
troubles de la vision des couleurs peuvent
se manifester.
Les indications des glycosides cardiaques sont : 1. l'insuffisance cardiaque
chronique, t. la fibrillation et le flutter
auriculaire. La conséquence de l'action
inhibitrice sur la conduction AV est une
diminution de la fréquence ventriculaire
ce qui améliore l'efficacité de la contraction cardiaque (D). Dans certains cas, on
voit également réapparaître un rythme
sinusal.
Les symptômes d'un empoisonnement sont : 1. une arythmie potentiellement dangereuse, par exemple une bradycardie sinusale, un bloc AV, des
extrasystoles ventriculaires ou une fibrillation ventriculaire. 2. Des altérations
centrales : vision «jaune» caractéristique puis par exemple fatigue, confusion
et hallucinations. 3. Nausées, vomissements et diarrhées. 4. Au niveau rénal :
perte d'eau et de sel, qu'il ne faut pas
confondre avec l'élimination du fluide
des œdèmes provoquée par une dose thérapeutique. Ces liquides s'accumulent
lors d'une insuffisance cardiaque par suite
d'un stase veineuse.
Traitement pharmacologique de
l'empoisonnement. Administration de
K* qui, entre autres, empêche la liaison
des glycosides cardiaques ; cette administration peut cependant aussi altérer la
conduction AV. Administration d'un antiarythmique comme la phénytoïne ou la lidocaine (p. 136). Traitement oral par la
colestyramine (p. 152) pour empêcher la
fixation et la résorption des digitoxines se
trouvant dans l'intestin (circulation entérohépatique). Injection des fragments
d'anticorps, F^, qui lient et donc inactivent la digoxine et la digitoxine. Ces fragments ont une pénétration beaucoup plus
rapide dans les tissus, une élimination rénale et une antigénicité plus faible que les
anticorps entiers.
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