110
Nicotine
Actions de la nicotine sur les fonctions de l'organisme
L'alcaloïde du tabac, la nicotine, est
capable à faible concentration de déclencher via une stimulation des récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine
une dépolarisation partielle au niveau
des ganglions : stimulation ganglionnaire (p. 108). La nicotine exerce une
action de même type dans de nombreux
territoires nerveux. Ces différentes actions sont examinées de plus près cidessous selon la structure concernée.
Ganglions végétatifs. La stimulation des ganglions touche aussi bien la
partie sympathique que la partie parasympathique du système nerveux végétatif. L'activation du parasympathique
est visible au niveau de l'estomac par
une augmentation des sécrétions (interdiction de fumer en cas d'ulcère), et par
une élévation de l'activité de l'intestin
(« effet laxatif » de la première cigarette matinale ; défécation ; diarrhée
chez les « débutants »).
La tendance à une diminution de
la fréquence cardiaque, médiée par le
parasympathique, sera contrebalancée
par une stimulation simultanée du sympathique et des surrénales.
La stimulation des nerfs sympathiques entraîne par suite de la sécrétion
de noradrénaline une vaso-constriction,
la résistance périphérique augmente.
Glandes surrénales. La libération
d'adrénaline a en premier lieu un effet
sur la circulation : élévations de la/requence cardiaque et de la résistance
périphérique. D'un autre côté, on note
également une action sur le métabolisme : par la dégradation du glycogène
et la libération d'acides gras sont mis en
place des substrats favorables à la production d'énergie. La sensation de faim
est abolie. L'état métabolique répond
par une activation de l'organisme à un
« stress silencieux ».
Barorécepteurs. La dépolarisation partielle des barorécepteurs leur
permet déjà de réagir à une augmentation relativement faible de la pression
sanguine par une réduction de l'activité
sympathique.
Post-hypophyse. La libération de
vasopressine (ADH) a un effet antidiurétique (p. 162) ; l'effet vasoconstricteur est seulement sensible pour des
concentrations d'hormone très élevées.
Glomus carotidien. La sensibilité
de la réponse à une augmentation de la
concentration de CO; augmente et a
pour conséquence une élévation de la
fréquence respiratoire.
Récepteurs à la pression, à la
température ou à la douleur. La sensibilité aux stimuli correspondants est
accrue.
Area postrema. La sensibilisation des chémorécepteurs entraîne une
excitation des centres du vomissement.
La nicotine peut aussi, à faible
concentration, augmenter l'excitabilité
au niveau des plaques motrices. Cette
action peut se manifester chez les
grands fumeurs par des crampes, par
exemple des muscles du mollet, et une
raideur musculaire.
L'action centrale de la nicotine ne
peut pas être attribuée à une zone particulière du cerveau. La nicotine augmente la vigilance et la concentration.
Cet effet peut être décrit comme une capacité accrue d'appréhender les événements extérieurs et de réagir.
En raison de la multiplicité de ses
effets, la nicotine ne peut pas être utilisée à des fins thérapeutiques.
Précédent

- 121/387

Suivant